PFAS dans l’eau : la situation dans les Ardennes

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Dans les Ardennes, plusieurs communes sont confrontées à une contamination de leur eau potable par les PFAS, dits “polluants éternels”. Face à ce risque sanitaire, l’ARS Grand Est et la Préfecture multiplient les contrôles et les mesures de précaution pour protéger la population et préparer des solutions durables.

Les PFAS : un enjeu de santé publique

Les PFAS (per- et polyfluoroalkylées), surnommés « polluants éternels », sont des substances chimiques utilisées depuis des décennies (dans les textiles, ustensiles de cuisine, emballages alimentaires, mousses anti-incendie…). Elles se dégradent très peu dans l’environnement et peuvent s’accumuler dans l’eau, les sols et, à faible dose, dans notre organisme.

L’eau du robinet n’est pas la seule source d’exposition (elle représente environ 10 à 20 %), mais elle reste importante, surtout pour les personnes les plus sensibles : nourrissons, femmes enceintes ou allaitantes, personnes fragiles.

 

Quelle est la situation dans les Ardennes ?

Depuis 2025, plusieurs analyses d’eau ont révélé la présence de PFAS au-delà de la limite réglementaire (0,1 microgramme/L).

Les 12 communes touchées par cette mesure sont :  

  • Secteur de Sedan : Villy, Malandry, Blagny, Linay, Haraucourt ;
  • Secteur de Vouziers : Bayonville, Beffu-et-le-Morthomme, Landres-et-Saint-Georges, Thenorgues, Imecourt, Verpel et le Hameau de Sivry (Buzancy).

Extension en juillet 2025 : la commune de La Ferté-sur-Chiers a également été touchée, à la suite d’une interconnexion avec un réseau contaminé en raison d’un manque d’eau dans la commune.  

L’origine probable pourrait être liée à des pratiques passées (épandage de boues papetières), mais des investigations sont en cours pour en avoir confirmation.

Quelles mesures sont en place ?

Face à ce constat, le Préfet des Ardennes et sur proposition de l’ARS Grand Est a pris des mesures de précaution sanitaire :

  • interdiction de boire l’eau du robinet et de l’utiliser pour préparer les biberons dans les communes concernées ;
  • autorisation maintenue pour tous les autres usages : cuisson, lavage des aliments, hygiène, arrosage, sanitaires ;
  • recommandation d’utiliser de l’eau embouteillée pour la boisson et la préparation des biberons.

Le rôle de l’ARS Grand Est

L’ARS est au cœur de la gestion de cette situation. Son action se déploie autour de trois priorités :

  • surveiller la qualité de l’eau : en réalisant des contrôles réguliers et en suivant de près l’évolution des concentrations en PFAS ;
  • informer la population et les élus : via des communiqués, des fiches pratiques et un relais permanent des consignes à suivre ;
  • préparer des solutions durables : en accompagnant les collectivités dans l’élaboration de plans d’actions (nouveaux captages, interconnexions, traitements adaptés) pour revenir à une eau conforme.

Et après ?

Le Préfet a mis en place une cellule de suivi regroupant :

  • les services de l’État (Préfecture, ARS, DGS),
  • l’Agence de l’eau,
  • le Conseil départemental,
  • les intercommunalités et les communes concernées.

Cette instance assure le pilotage des actions de remédiation, la coordination entre les différents acteurs concernés et la communication régulière auprès de la population.  

À retenir

  • Les restrictions concernent uniquement la boisson et les biberons.
  • L’eau du robinet reste utilisable pour tous les autres usages.
  • L’ARS Grand Est est mobilisée pour protéger la santé de la population, informer en toute transparence et accompagner les collectivités dans la recherche de solutions pérennes.