Habitat indigne dans les Ardennes : l'ARS renforce sa mobilisation face au syndrome de Diogène

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Les situations d'incurie identifiées ont doublé en un an dans le département. L'Agence Régionale de Santé intensifie ses actions de formation et de coordination pour accompagner l’ensemble des acteurs concernés.

Un phénomène en progression qui interpelle

Dans les Ardennes, 21 situations d'incurie ou de syndrome de Diogène ont été signalées en 2024, contre 11 en 2023. Cette progression témoigne d'un meilleur repérage de ces situations, mais révèle aussi une réalité sociale persistante, dans un département où 9,7 % du parc locatif privé est potentiellement indigne, soit près de trois fois la moyenne régionale.

Ces situations mêlent isolement, désorganisation psychique, précarité et accumulation massive d'objets, rendant les logements inhabitables. Elles concernent aussi bien l'habitat individuel que collectif, avec des risques sanitaires pour les occupants et des nuisances pour le voisinage.

Une approche coordonnée pour un accompagnement respectueux

Face à ces défis, l'ARS Grand Est privilégie une intervention concertée mobilisant systématiquement de multiples acteurs : le dispositif d’appui à la coordination (DAC), les centres communaux d’action sociale (CCAS), les bailleurs sociaux, le Conseil départemental, les structures médico-sociales, le service communal d'hygiène, parfois la justice et les forces de l'ordre.

A titre d’exemple, cette coordination a permis de reloger un Ardennais vivant dans un hangar insalubre, tout en maintenant un lien avec son ancien lieu de vie. Cette proximité a permis une transition bienveillante et progressive grâce à la mobilisation du bailleur, du CCAS, du Conseil départemental et d'EPICURE.

Des obstacles structurels à surmonter

Plusieurs difficultés ralentissent la résolution de ces situations :

  • la difficulté à obtenir un constat médical, nécessaire à une mesure de protection juridique, mais souvent refusé par la personne concernée ;
  • des délais de traitement juridique dépassant parfois un an ;
  • un refus fréquent d'aide de la part des personnes qui assument ce mode de vie.

Bientôt 213 professionnels formés pour mieux repérer et agir

Consciente de ces enjeux, la délégation ardennaise de l'ARS a lancé en 2023 une démarche de formation massive. Douze sessions ont déjà formé 168 professionnels de terrain issus d’horizons variés (travailleurs sociaux, soignants, bailleurs, collectivités, CCAS, SDIS, services d'aide à domicile, etc.). Trois nouvelles sessions sont programmées en 2025 pour former 45 personnes supplémentaires.

Signal logement : une plateforme de signalement pour une prise en charge adaptée

Face aux situations d’habitat dégradé, une vigilance collective est essentielle. Pour protéger les personnes concernées et garantir la sécurité du voisinage, il est indispensable de notifier rapidement toute situation préoccupante. Grâce à la plateforme « Signal Logement », il est possible d’indiquer rapidement ces problèmes. Chaque signalement active les partenaires compétents et initie une prise en charge progressive, respectueuse et adaptée.