Fonds ADDICTIONS : financement 2018/2019 en région Grand Est

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Les conduites addictives demeurent un problème majeur de société et de santé publique pesant sur les dépenses de santé mais engendrant aussi des coûts sociaux conséquents. Le fonds de lutte contre les addictions liées aux substances psychoactives vise à financer des actions de prévention portant sur l’ensemble des produits psychoactifs (tabac, alcool et autres substances psychoactives).
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Les conduites addictives demeurent un problème majeur de société et de santé publique, en raison des dommages sanitaires et sociaux qu’elles induisent, de leurs conséquences en termes d’insécurité, du fait du trafic et de la délinquance

Les conduites addictives sont les premières causes de mortalité évitable en France : la consommation de tabac est responsable de 75 000 décès par an (dont 45 000 décès par cancer), l’alcool de 41 000 (dont 15 000 par cancer) et les drogues de 1 600 décès chaque année.

Les niveaux de consommation restent parmi les plus élevés recensés dans les pays occidentaux et dans le monde pour certaines tranches d’âge.

Ainsi, la France compte plus de 11.5 millions de fumeurs quotidiens, soit 25,4% des français (selon le baromètre santé de 2018. Le nombre de consommateurs quotidiens d’alcool est estimé à 5 millions, tandis que les usagers quotidiens de cannabis sont estimés à 900 000. 

Il est à noter une consommation particulièrement préoccupante chez les jeunes. En effet, 25% des jeunes de 17 ans consomment quotidiennement du tabac et 44% d’entre eux ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante dans le mois.

Ces conduites addictives pèsent sur les dépenses de santé mais engendrent aussi  des coûts sociaux conséquents : respectivement 120 milliards d’euros pour le tabac et l’alcool et 10 milliards d’euros pour les drogues.

Le fonds de lutte contre les addictions liées aux substances psychoactives vise à financer des actions de prévention portant sur l’ensemble des produits psychoactifs :

  • Le tabac dans une logique de poursuite et d’amplification de la dynamique lancée en 2018 avec le Fonds Tabac ;
  • L’alcool ;
  • Les autres substances psychoactives, avec une priorité accordée au cannabis en 2019 notamment du fait des interactions fortes de sa consommation avec celle du tabac.

En région Grand Est

Concernant l’alcool, si en région Grand Est la tendance globale est à la diminution de la consommation quotidienne d’alcool, la prévalence des dommages socio-sanitaires liés à l’alcool est supérieure à la moyenne nationale.

De plus, des publics particulièrement vulnérables, comme les jeunes ou les femmes enceintes ou en âge de procréer, doivent faire l’objet d’une attention particulière. En effet, les données nationales laissent apparaître qu’entre 2006 et 2013, 3 207 nouveau-nés (soit une naissance par jour) ont présenté au moins une conséquence liée à l’alcoolisation fœtale.

Les données du Baromètre santé 2017 montrent que parmi les femmes enceintes ou l’ayant été aux cours des 5 derniers années, une femme sur 10 déclare avoir consommé de l’alcool au cours de la dernière grossesse.

Enfin, concernant les drogues illicites, la situation géographique de la région Grand Est place le territoire à un carrefour majeur du trafic d’héroïne, de cocaïne et de cannabis.

En 2018, l’ARS Grand Est a lancé un Fonds Tabac et, en 2019, un Fonds Addictions.

Ces appels à projets ont permis de soutenir des actions qui accompagnent la déclinaison en région Grand Est des programmes régionaux de santé, des programmes régionaux de lutte contre le tabac et de la feuille de route conjointe ARS Grand Est/MILDECA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) 

Les actions financées par le fonds de lutte contre les addictions sont inscrites dans au moins 1 des 3 axes retenus ci-après :

  • Axe 1 : Protéger les jeunes et éviter l’entrée dans le tabagisme ainsi qu’éviter ou retarder l’entrée dans la consommation d’autres substances psychoactives (alcool, cannabis ...).
  • Axe 2 : Aider les fumeurs à s’arrêter et réduire les risques et les dommages liés aux consommations de substances psychoactives (alcool, cannabis ...).
  • Axe 3 : Amplifier certaines actions auprès de publics prioritaires dans une volonté de réduire les inégalités sociales de santé.

Quels principes sont retenus pour financer les actions ou les programmes d'actions ?

  • Répondre à des besoins identifiés, en cohérence avec ceux identifiés dans le cadre des diagnostics territoriaux du programme régional de santé ;
  • Permettre le développement d’interventions validées au niveau national ou international, en veillant à la qualité du processus de leur déploiement pour en garantir l’efficacité ;
  • Permettre l’émergence de nouvelles actions probantes en développant des actions innovantes qui devront être accompagnées d’une évaluation ;
  • Mobiliser des collaborations et des partenariats avec des acteurs œuvrant en intersectorialité ;
  • Tenir compte et s’appuyer sur les ressources existantes sur la thématique du tabac et des conduites addictives (associatives, professionnels de santé, etc.) ;
  • Permettre la participation des usagers du système de santé ;
  • Renforcer la capacité d’agir des personnes et la participation citoyenne ;
  • S’inscrire dans une approche intégrant la nécessité de faire évoluer favorablement les environnements de vie au regard de leur influence sur le développement des conduites addictives (par exemple interdits protecteurs, propositions d’activités, etc.)