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Tiques et maladie de Lyme

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Piqures de tiques
La maladie de Lyme (ou borréliose de Lyme) est une maladie infectieuse, non contagieuse, causée par une bactérie transmise par les tiques, essentiellement en forêt et en zone humide. La transmission se fait par piqûre d’une tique infestée et le risque de transmission de la bactérie est d’autant plus grand que le temps de contact avec la peau est prolongé. Toutes les tiques ne sont pas infectées.
Corps de texte

La tique est un acarien visible à l’œil nu de très petite taille. Elle vit ancrée sur la peau des mammifères, des oiseaux ou des reptiles et se nourrit de leur sang grâce à un rostre - sorte de pic garni d’épines - qu’elle enfonce dans la peau et grâce auquel elle peut rester fixée. La tique n'est pas dangereuse dans l'immédiat mais en revanche, elle peut transmettre à ses hôtes et notamment à l'homme, des maladies que l'on appelle "vectorielles".

La plus fréquente des zoonoses transmises par les tiques dans le nord est de la France est la maladie de Lyme que l'on appelle aussi la borréliose. Il existe d'autres maladies transmises par les tiques mais qui sont beaucoup plus rares comme l’encéphalite à tiques. Ce sont les tiques femelles du genre Ixodes qui peuvent transmettent la maladie de Lyme à l'occasion d'une piqûre. Ces tiques apprécient les milieux humides : tapis de feuilles, herbes hautes, forêts de feuillus et conifères. Elles sont généralement plus abondantes entre avril et octobre.

Les populations à risque sont les forestiers, les agriculteurs, les campeurs, les randonneurs et toutes les personnes ayant une activité en plein air. Les zones d'accrochage et de piqûres sont les zones les moins visibles comme le cuir chevelu ou les endroits où la peau est plus fine comme les plis des aisselles, de l'aine…

Le retrait doit se faire le plus rapidement possible car plus une tique porteuse de maladies reste fixée longtemps et plus le risque de transmission de ces maladies augmente.

Les premiers signes - la phase précoce - sont des céphalées et des courbatures… et sur la peau, une rougeur circulaire d'évolution progressive à l'endroit de la piqûre : on l'appelle érythème migrant. Cette rougeur peut également se manifester à distance de la piqûre.

En l’absence de traitement, après quelques semaines à plusieurs mois débute la phase précoce disséminée avec des manifestations au niveau neurologique ou articulaire (douleurs inflammatoires). Ce n'est que bien plus tard que la phase tardive apparaît avec des signes neurologiques et articulaires plus graves et persistants, puis une fatigue à long terme.

La prévention reste la première arme pour lutter contre cette maladie.

Des moyens simples existent :

  • porter des vêtements couvrants et clairs (afin de repérer rapidement les tiques), serrés au cou, aux poignets et aux chevilles (rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes ou mettre des guêtres), des chaussures fermées et des gants clairs en cas de travail manuel ;
  • vaporiser ses vêtements et ses chaussures de produits anti-tiques (en respectant les contre-indications pour les enfants et les femmes enceintes) ;
  • utiliser un produit anti-tiques pour vos chiens et chats ;
  • emprunter si possible les sentiers et marcher au milieu des chemins ;
  • éviter les contacts avec les herbes, les broussailles et les branches basses ;
  • inspecter le corps après une activité de travail ou de loisir en pleine nature (y compris le pli des genoux, les aisselles, les organes génitaux et le cuir chevelu) car la piqûre est indolore. Retirer rapidement la tique avec un tire-tique acheté en pharmacie, désinfecter et surveiller la zone de piqûre pendant plusieurs semaines ;
  • consulter son médecin traitant en cas d'apparition de symptômes et en particulier d'une plaque rouge, centrée sur le point de piqûre et qui s'étend dans le mois qui suit la piqûre.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire (risque de régurgitation des agents infectieux) :

  • ne pas presser la tique entre ses doigts, afin de ne pas favoriser le passage de la salive de la tique qui contient les agents infectieux ;
  • ne pas tirer sur la tique et ne pas utiliser de pince à épiler. Outre le risque précédent, la probabilité de « laisser la tête » dans la peau est forte. Cela provoque généralement une petite inflammation, une infection ou la formation d’un kyste ;
  • ne pas utiliser d’alcool, d’éther, d’huile ou de vernis ;
  • ne jamais tenter de brûler la tique avec un briquet.

Pour assurer une prise en charge spécialisée des patients atteints de maladies vectorielles à tiques (MVT), le plan national de lutte contre la maladie de Lyme prévoit l'identification de centres spécialisés de recours adaptés et gradués selon la complexité des situations. Trois centres de compétences sont identifiés en Grand Est et 5 centres de référence interrégionaux labellisés par le Ministère chargé de la Santé. 

La Direction Générale de la Santé (DGS) a lancé un plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les autres maladies transmissibles par les tiques, en lien avec les agences sanitaires nationales et les usagers. Ce plan comprend 5 axes stratégiques déclinés en actions.

L’action 9 (axe stratégique 3) prévoit des centres spécialisés de recours pour une prise en charge homogène des patients.

Quels sont les niveaux de prise en charge pour les maladies vectorielles à tiques (MVT) ?

Trois niveaux de prise en charge répondent à la complexité des situations :

  1. Niveau de proximité : la prise en charge est assurée par la médecine de ville dont le médecin traitant constitue l’axe essentiel et indispensable de la démarche de diagnostic. Il interagit de manière indispensable avec les autres spécialistes (ex. dermatologue, infectiologue, rhumatologue, neurologue, gynécologue-obstétricien, pédiatre) 
  2. Niveau de recours régional : la prise en charge est assurée par les centres de compétence hospitaliers pour les "cas complexes" de Maladies Vectorielles à Tiques (CC MVT)
    Les CC MVT accueillent les patients présentant des symptômes attribués à une maladie transmise par les tiques, dont la prise en charge n’a pas permis d’obtenir de résultats satisfaisants. Ils collaborent étroitement avec la communauté médicale de proximité. 
  3. Niveau de recours interrégional : la prise en charge est assurée par les centres de référence hospitaliers.
    Les CR MVT organisent et mettent en œuvre la recherche clinique et des formations, apportent leur expertise aux CC MVT de leur territoire et organisent la prise en charge des « cas très complexes ». Les CR MVT ont la mission d’animer le réseau des CC MTV. Les CR MVT ont une attraction interrégionale ; ils sont au nombre de cinq au niveau national. La décision de labellisation (reconnaissance) des CR MVT est prise par le ministère chargé de la santé. La labellisation sera valable cinq ans.

3 centres de compétences identifiés en Grand Est au 1er juillet 2019

Le centre de compétence hospitalier pour la prise en charge des Maladies Vectorielles à Tiques (CC MVT) est porté par un établissement de santé qui regroupe des compétences pluridisciplinaires, notamment infectiologue, neurologue, rhumatologue, dermatologue, interniste, spécialiste de la douleur, microbiologiste...

Le centre s’organise autour d’une équipe médicale hospitalière spécialisée. il est doté d’une organisation et des équipements permettant l’accueil et la prise en charge des patients (ex. créneaux de consultation dédiés, créneau d’hospitalisation de jour ou de semaine...). Ces CC MVT sont identifiés par les ARS suite à un appel à candidatures. En Grand Est, 3 centres de compétences ont été identifiés par l'ARS. 

Centres de compétences MVT

Responsable médical CCMVT

Contacts 

Hôpitaux Civils de Colmar
39 avenue de la liberté
68024 COLMAR
Dr Martin MARTINOT
Praticien Hospitalier - Infectiologue
Chef du Service de Maladies Infectieuses et Tropicales  
secretariat.infectiologie@ch.colmar.fr 
Accueil téléphonique : 03 89 12 49 04 
 
Groupement Hospitalier de la Région de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA)
20 rue du Dr Laennec
68070 Mulhouse Cedex
Dr Pierre KIEFER
Praticien Hospitalier - Interniste
Chef du Service de Médecine Interne / Médecine Intensive

Secrétariat : florye@ghrmsa.fr
Accueil téléphonique : 03 89 64 77 02

Centre Hospitalier Geneviève de Gaulle Anthonioz de Saint-Dizier
1 rue Albert Schweitzer
CS10001 - 52115 Saint-Dizier

Dr Pascal MELIN
Praticien Hospitalier - Médecine polyvalente - Hépatologie - Addictologie -Infectiologie
Pôle Médecine
secretariat.consult-6med@ch-saintdizier.fr 
Accueil téléphonique : 03 25 56 84 84 

5 centres de référence interrégionaux ont été labellisés par le Ministère de la santé 

Les 5 centres de référence pour la prise en charge des maladies vectorielles à tiques (CRMVT) prévus dans le plan national ont été désignés par un jury indépendant, composé de représentants de l’INSERM, de France Assos Santé, de Santé Publique France, de la Fédération des spécialités médicales (FSM) et de la Fédération hospitalière de France.

Ces cinq centres sont : le CHU de Strasbourg associé au CHU de Nancy le CHU de Clermont-Ferrand associé au CHU de Saint Etienne, le CHU de Marseille, le CHU de Rennes, le Groupe hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges associé au CHU de Créteil.

Centres de référence MVT Grand Est

Coordonnateur  CR MVT

Contacts

Nouvel Hôpital Civil
Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS)

1 place de l’Hôpital
BP 461 67091 Strasbourg Cedex
Yves HANSMANN  
Professeur des Universités – Praticien Hospitalier
Infectiologue interniste 
Service des Maladies infectieuses et tropicales / pôle des Spécialités Médicales et Ophtalmologie (SMO)
Secrétariat : 03.69.55.05.45.

CHRU de Nancy 
29, avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny
CO 60034 - 54035 NANCY CEDEX.

Bruno HOEN
Professeur des Universités – Praticien Hospitalier
Infectiologue, Chef de service
Service des Maladies Infectieuses et Tropicales/ Pôle Médecine

Secrétariat :
03 83 15 43 90
 

Compte tenu des interrogations que suscite la maladie de Lyme, l'Agence Régionale de Santé Grand Est a lancé depuis 2015, plusieurs campagnes d'information et de sensibilisation auprès du grand public et des professionnels de santé.

  • En 2015 sur le territoire alsacien

Initiée par l’ARS et la Mutualité Sociale Agricole (MSA), en collaboration étroite avec l’Office National des Forêts (ONF), le Centre National de Référence (CNR) des Borrelia, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS), le Régime local agricole et Mutualia, la campagne de communication destinée au grand public « Gare aux tiques » lancée en 2015 avait pour objectif de conseiller les adeptes de « sports et loisirs nature » et leur entourage, sur les moyens de prévenir les piqûres de tiques. Un document « Gare aux tiques » a été élaboré, décliné en affiches et distribué par les partenaires (Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, caisses primaires d’assurance maladie, pharmacies...). www.gareauxtiques.fr

Une trentaine de panneaux d’information financés par l’ARS, ont été installés dans les zones particulièrement « à risques », à l'entrée des forêts. Le premier panneau a été inauguré à Niederbronn le 12 mars 2015. 10 panneaux ont été installés en 2015, 10 autres en 2016 puis 10 en 2017.

Un support d'information et de prévention « Les conseils de Prudence, la tactique anti-tiques » a également été conçu à l’intention des jeunes publics et peut être utilisé comme support pédagogique par les professionnels (enseignants, animateurs) amenés à faire découvrir la nature aux enfants de 3 à 11 ans : centres de loisirs, classes de découvertes… Ce support a été repris et adapté par Santé publique France. Il est disponible à la commande en ouvrant un compte sur le site de Santé publique France.

"Les conseils de Prudence, la tactique anti-tiques" Affiche  + Dépliant 

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  • En 2016 sur le territoire lorrain 

Des documents de sensibilisation « Prévenir les piqûres de tiques et la borréliose de Lyme » destinés au grand public (dépliant et affiche) ont été élaborés en collaboration étroite avec le CHRU de Nancy, les HUS, la MSA et l’ONF. Ils ont été largement diffusés : pharmacies, médecins invités aux soirées, offices du tourisme et communes d’implantation des panneaux d’information et environnantes, fédérations de pêche et de chasse, clubs alpin et vosgien, caisses primaires d’assurance maladie, caisses d'assurance retraite et de la santé au travail, Mutualité sociale agricole, Régime local d’assurance maladie, Mutualité Française, Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, Conseil départemental de l’ordre des médecins.

En partenariat avec l’ONF, l'ARS a également financé l'installation de dix de panneaux d'information en 2016 sur des sites à forte fréquentation touristique ou de population (cas des forêts péri-urbaines) sélectionnés par l’ONF. 

Afin de sensibiliser les professionnels de santé, l'Agence Régionale de Santé a également organisé des soirées d'information sur le diagnostic et le traitement de la borréliose de Lyme. Ces réunions animées par des spécialistes du sujet, ont rencontré un franc succès : 397 participants dont 338 médecins. Un dépliant « Borréliose de Lyme : diagnostic et prise en charge » a également été conçu à leur intention et diffusé aux médecins invités aux soirées, aux pharmacies (via le Conseil régional de l’ordre des pharmaciens) et au Conseil départemental de l’ordre des médecins.

Les supports ci-dessous sont laissés à libre disposition et utilisation des collectivités souhaitant participer à cette campagne. Une information a été faite en ce sens auprès des associations départementales des maires. En effet, l’installation de ces panneaux est l’occasion pour les mairies de de s’impliquer pour une meilleure prévention des habitants et de les disposer dans les lieux fréquentés par les promeneurs. 

 

  • Déploiement de la campagne sur le territoire champardennais en 2017 / 2018 / 2019

La prévention reste la première arme pour lutter contre cette maladie, la campagne grand public a été déployée sur le territoire champardennais en juin 2017 de manière dématérialisée et en 2018 juin avec la diffusion d'affiches et de dépliants Prévenir les piqûres de tiques et la borréliose de Lyme par le biais des pharmacies d'officines et des laboratoires d'analyses médicales. 

Des soirées d'information pour les professionnels de santé sont également organisées sur le territoire champardennais en novembre 2018. L’objectif de ces soirées, destinées aux médecins (neurologues, rhumatologues, biologistes, médecins généralistes et pédiatres (libéraux et hospitaliers) et animées par des infectiologues et des biologistes, est de faire un point d’actualité sur l’épidémiologie, la clinique, les indications de la sérologie et son interprétation, et le traitement de la borréliose de Lyme. 

  • 08/11/2018 - soirée d’information à Reims-Bézannes  
  • 15/11/2018 - soirée d’information à Troyes 
  • 22/11/2018 - soirée d’information à Saint-Dizier 
  • Date supplémentaire : 13/03/2019 - soirée d'information à Chaumont

En 2014 et 2015, Santé publique France, à la demande de l’Agence Régionale de Santé, a réalisé une étude d’incidence de trois pathologies transmises par les tiques sur le territoire alsacien afin de fournir des données utiles à la prévention et à la prise en charge des malades.

L’étude Alsa(ce)tique 2014-2015 a permis d’estimer le nombre de cas de borréliose de Lyme sur le territoire alsacien à 2 200 cas par an, soit un taux d’incidence annuel moyen de 117 cas / 100 000 habitants [IC 95% : 109-126], incidence plus de deux fois supérieure à celle de la moyenne de la France métropolitaine (51 cas / 100 000 habitants en 2015 [IC95% : 38-64]). Les taux d’incidence varient fortement selon le canton d’exercice des médecins, les plus élevés étant dans les cantons situés à proximité du massif vosgien.

La majorité des cas étaient des hommes et 90 % des cas étaient âgés de 16 ans ou plus (âge médian de 55 ans). Chez les enfants, les 5-9 ans sont les plus touchés par la borréliose de Lyme. Chez les adultes, ce sont les tranches d’âge les plus âgées, et en particulier les 60-64 ans.

Près de 8 % des cas âgés entre 16 et 60 ans exerçaient une profession les exposant davantage aux piqûres de tique (agriculture, gestion forestière, animateur nature, employé de jardinerie, paysagiste).

La fréquentation habituelle d’au moins un lieu à risque était rapportée dans 91 % des cas. Il s’agissait de forêts (74 %), jardins publics ou privés (47 %) et prairies (33 %). Pour 64 % des formes précoces localisées, une piqûre de tique était rapportée dans le mois précédant la survenue des symptômes. Dans 13 % des cas, aucune notion de piqûre n’était retrouvée.