Une ambition : permettre à chacun de bien vieillir en Grand Est
La stratégie « Bien vieillir en Grand Est 2026-2030 » poursuit une ambition : permettre à chaque personne âgée de vivre selon ses souhaits, chez elle, dans un logement adapté ou accompagnée en établissement médico-social, avec les soins et le soutien dont elle a besoin.
Elle repose sur une mobilisation collective pour prévenir la perte d’autonomie, renforcer le domicile, soutenir les aidants, faire évoluer les EHPAD, améliorer les parcours de santé et disposer de professionnels formés et reconnus.
Chiffres clés :
- Près de 900 000 personnes de 75 ans et plus à l'horizon 2050 en Grand Est
- Plus de 1 900 places supplémentaires de soins à domicile
- 42 centres de ressources territoriaux prévus en 2028
- 31 M€ mobilisés pour renforcer l’offre de soins à domicile
Le vieillissement de la population constitue une évolution démographique majeure pour le Grand Est.
D’ici 2050, la région comptera près de 900 000 personnes âgées de 75 ans et plus, soit presque deux fois plus qu’aujourd’hui. Environ 224 600 personnes seront en perte d’autonomie, dont près de 78 800 en perte d’autonomie sévère.
Cette évolution appelle à agir dès aujourd’hui. L’enjeu n’est pas seulement d’augmenter les capacités d’accueil en établissement, mais de prévenir plus tôt la perte d’autonomie, de permettre aux personnes qui le souhaitent de vivre chez elles le plus longtemps possible et de diversifier les réponses en fonction de leurs besoins et de leur projet de vie.
Cette transformation concerne l’ensemble du Grand Est, avec des évolutions différentes selon les territoires. Les besoins en aide à domicile, en prévention et en adaptation de l’habitat vont notamment progresser, tandis que les EHPAD accueilleront davantage de personnes très dépendantes ou présentant des situations complexes.
La stratégie « Bien vieillir en Grand Est 2026-2030 » part des besoins, des souhaits et du projet de vie de la personne âgée. Elle vise à lui permettre de vivre le plus longtemps possible dans de bonnes conditions, près de chez elle, avec un accompagnement adapté à ses choix et à son autonomie.
Cette approche marque une évolution : passer d’un modèle centré sur l’entrée en établissement à une logique de parcours, en intervenant plus tôt pour prévenir la perte d’autonomie, en renforçant le domicile, en développant les solutions intermédiaires et en faisant évoluer les EHPAD vers un rôle d’expertise et de ressource territoriale.
Le vieillissement ne se traduit pas de la même manière dans tous les départements du Grand Est. Certains connaîtront une forte augmentation du nombre de personnes âgées ; dans d’autres, leur poids dans la population progressera fortement dans un contexte démographique différent.
L’ARS adapte donc son action aux réalités locales. Les réponses doivent tenir compte du nombre de personnes âgées, de leurs besoins d’accompagnement, des caractéristiques des territoires et de l’accessibilité de l’offre.
Cette territorialisation peut conduire à privilégier des réponses différentes : par exemples, renforcer le domicile et l’habitat intermédiaire dans le Bas-Rhin, développer davantage l’habitat intermédiaire dans la Marne, conforter le rôle de l’EHPAD comme ressource territoriale dans les Vosges ou encore renforcer le domicile et le soutien aux aidants dans la Meuse.
Les réponses sont construites au plus près des besoins locaux, avec les collectivités, les élus, les professionnels, les établissements et services, les fédérations, les organismes gestionnaires et les représentants des usagers.
La démarche associe notamment les conseils départementaux, la Collectivité européenne d’Alsace, les instances régionales de démocratie en santé et les partenaires du champ du vieillissement. Le Gérontopôle Grand Est apporte également son expertise scientifique et gérontologique. Les actions pourront évoluer pour tenir compte des réalités et des besoins des territoires.
Les 6 axes de la stratégie
Pour la période 2026-2030, cette stratégie se décline en six engagements complémentaires.
Permettre aux personnes âgées qui le souhaitent de vivre le plus longtemps possible chez elles, dans de bonnes conditions, constitue un axe majeur de la stratégie. Il s’agit de renforcer l’accompagnement à domicile et « l’aller vers », mais aussi de prévenir les ruptures de parcours.
L’ARS Grand Est prévoit la création de plus de 1 900 places supplémentaires de soins à domicile, avec 31 millions d’euros mobilisés pour renforcer cette offre.
Le maillage territorial sera également développé pour atteindre 42 centres de ressources territoriaux (CRT) en 2028. Ils proposent un accompagnement renforcé aux personnes âgées vivant à domicile et apportent leur expertise aux professionnels qui les accompagnent.
Ces dispositifs contribuent également au développement des solutions intermédiaires entre le domicile et l’EHPAD, comme les résidences autonomie et l’habitat inclusif.
Le maintien à domicile suppose également de mieux accompagner celles et ceux qui aident quotidiennement un proche âgé.
L’ARS poursuit l’extension du réseau des plateformes d’accompagnement et de répit, avec l’objectif de permettre l’accès à une offre de répit sur l’ensemble du Grand Est.
Les séjours de répit pour les aidants et leurs proches, le relayage à domicile, l’accueil de jour, l’hébergement temporaire et l’accueil de nuit en EHPAD doivent également être développés.
800 000 euros sont prévus en 2026 pour accompagner ces actions.
Avec le vieillissement de la population, les EHPAD accueilleront davantage de personnes âgées très dépendantes ou présentant des situations complexes. Leur évolution doit permettre de mieux répondre à ces besoins, tout en renforçant leur ouverture sur leur territoire.
L’ARS Grand Est prévoit de poursuivre le soutien aux investissements immobiliers, mobiliers et numériques, de renforcer l’expertise soignante, y compris la nuit, et de faire évoluer certains établissements vers des "EHPAD-hubs territoriaux".
L’objectif est de faire de l’EHPAD une plateforme de ressources et de services pour son bassin de vie, au bénéfice des résidents mais aussi des personnes âgées vivant à domicile et des professionnels qui les accompagnent. Cette évolution repose notamment sur le développement des coopérations entre EHPAD, médecine de ville et établissements de santé, la mutualisation d’équipes mobiles, le développement de l’hospitalisation à domicile (HAD) en EHPAD ou encore de l’accueil de nuit.
Cette transformation s’inscrit dans une approche plus large du parcours de la personne âgée : renforcer le domicile et les solutions intermédiaires tout en positionnant l’EHPAD comme un acteur expert du grand âge sur son territoire.
L’avancée en âge peut s’accompagner de besoins nécessitant des réponses spécifiques. La stratégie prévoit de renforcer les accompagnements destinés notamment aux personnes atteintes de maladies neurodégénératives, présentant des troubles psychiatriques, confrontées à une grande précarité ou aux personnes en situation de handicap vieillissantes.
Elle prévoit notamment 49 nouvelles places d’équipes spécialisées Alzheimer (ESA) pour accompagner à domicile les personnes atteintes de maladies neurodégénératives et 36 nouveaux pôles d’activités et de soins adaptés (PASA) en EHPAD. Des unités spécifiques en EHPAD doivent également compléter ces réponses.
Préserver l’autonomie suppose d’agir le plus tôt possible. L’ARS soutient des actions portant notamment sur l’activité physique, la prévention des chutes, l’alimentation, la santé cognitive, l’audition et la santé bucco-dentaire, ainsi que des bilans de repérage des fragilités et de prévention.
La stratégie vise également à mieux articuler les différentes composantes de l’offre – médecine de ville, services médico-sociaux à domicile, hospitalisation à domicile, habitat intermédiaire, résidences autonomie, hôpital et EHPAD – afin de fluidifier les parcours et prévenir les ruptures d’accompagnement.
Une attention particulière est portée à l’adaptation du recours aux urgences pour les personnes âgées et à la sécurisation du retour à domicile après une hospitalisation.
L’évolution des besoins nécessite également d’anticiper les besoins en professionnels et de renforcer l’attractivité des métiers du grand âge.
L’ARS agit avec les acteurs de la formation pour faire connaître ces métiers, développer la formation continue et les parcours professionnels, améliorer les conditions de travail et accompagner l’innovation.
Robotique d’assistance, télémédecine, téléconsultation gériatrique, téléexpertise ou intelligence artificielle peuvent notamment contribuer à faciliter l’accès à l’expertise, réduire certaines tâches pénibles et libérer du temps pour les professionnels.
Consulter la plaquette « Bien vieillir en Grand Est 2026-2030 » ci-dessous.
La plaquette présente les enjeux démographiques, les six engagements de l’ARS Grand Est et leur déclinaison dans les territoires.






