À l’occasion de la 20ème semaine européenne de prévention du cancer du col de l’utérus, qui a lieu chaque fin janvier, l’ARS Grand Est rappelle l’importance du dépistage et de la vaccination contre le papillomavirus, pour lutter contre cette maladie.
Dépistage, vaccination, qui est concerné ?
Les cancers du col de l’utérus sont dus à une infection par des virus appelés papillomavirus humains ou HPV, transmis par voie sexuelle. Environ 80 % des femmes et des hommes sont exposés au HPV au cours de leur vie. Face à ce risque, deux moyens permettent de lutter contre ce virus : le dépistage, permettant de repérer cette infection, et la vaccination.
1. Le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus (DOCCU)
Il concerne les femmes de 25 à 65 ans, invitées par leur caisse d’Assurance Maladie ou de la MSA à réaliser l’examen.
- Entre 25 et 29 ans, le dépistage consiste en l’analyse des cellules (test cytologique) recueillies par un frottis du col de l’utérus. Il est à réaliser tous les 3 ans après 2 premiers tests réalisés à un an d’intervalle.
- Entre 30 et 65 ans, le dépistage repose sur une détection du virus HPV (test HPV-HR), lors d’un frottis du col de l’utérus. Il est à réaliser tous les 5 ans.
Ce dépistage peut être réalisé par un médecin (gynécologue ou généraliste), par une sage-femme, dans les centres d’examens de santé de l’Assurance Maladie, les centres mutualistes, les centres de planification et d’éducation familiale, dans un hôpital et dans un laboratoire ou un cabinet médical d’anatomocytopathologie.
2. La vaccination HPV (papillomavirus humains)
Elle concerne les adolescents, filles et garçons, de 11 à 14 ans (2 doses à au moins 5 mois d’intervalle).
Dans le cadre du rattrapage vaccinal, la vaccination contre les virus HPV par le vaccin Gardasil 9 est recommandée aux jeunes hommes et aux jeunes femmes de 15 à 26 ans. A partir de l’âge de 15 ans, le vaccin Gardasil 9 doit être administré selon un schéma à 3 doses (M0, M2, M6). Les trois doses doivent être administrées en moins d’un an.
Dépistage et vaccination, quelles couvertures en Grand Est ?
- Les taux de participation au dépistage organisé
Le taux régional de participation au dépistage organisé du cancer du col de l’utérus poursuit son augmentation. Il est de 60,8 %, soit +8,7 % par rapport au taux de 2020. Le taux national continue également d’augmenter pour atteindre le niveau de notre région en 2024. La situation reste hétérogène entre les départements : les taux départementaux du Haut-Rhin, de la Marne et de la Haute-Marne restent supérieurs aux moyennes régionales et nationales. Cependant, ces taux restent inférieurs au seuil européen recommandé de 70 % de participation.
- La couverture vaccinale HPV
En région Grand Est, en 2024, 61.2% des jeunes filles de 15 ans ont bénéficié d’au moins une dose de vaccin, et 50.3% des jeunes filles de 16 ans bénéficient d’un schéma complet deux doses à 16 ans (VS 58.4 % et 48 % France entière). La couverture vaccinale HPV chez les jeunes garçons est de 38.5% pour une dose à 15 ans, et 25.7% concernant un schéma vaccinal complet à 16 ans (VS 36.9 % et 24.5 % France entière).
Fin septembre 2024, la couverture vaccinale anti-HPV en région Grand Est était de 40 % chez les filles et 31 % chez les garçons avec au moins 1 dose chez les jeunes nés en 2012. A la fin de la campagne de vaccination en milieu scolaire 2024/2025, la couverture atteignait au 30 juin 2025 56 % chez les filles et 45 % chez les garçons, comprenant les vaccinations réalisées en ville et celles réalisées au collège, soit une augmentation de 16 points chez les filles et 14 points chez les garçons.
Au niveau national, l’augmentation était de 16 points pour les filles et de 14 points pour les garçons (source Santé publique France)
Dans le cadre de la campagne de vaccination en milieu scolaire, près de 9 000 élèves en classe de cinquième ont été vaccinés dans le Grand Est lors de la 1ère année de campagne et c’est plus de 6 000 collégiens la seconde année.
Par ailleurs, depuis janvier 2025, les enfants de 11 à 14 ans pris en charge dans les établissements et services médico-sociaux (ESMS) peuvent bénéficier de cette campagne nationale gratuite de vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV).
A compter de cette rentrée 2025/2026, le vaccin contre les méningocoques A, C, W et Y est proposé gratuitement au collège, en même temps que celui contre les papillomavirus humains (HPV).
Pour en avoir plus, consultez la rubrique : Campagne de vaccination dans les collèges contre le Papillomavirus Humain (HPV) et les infections invasives à méningocoque ACWY | Grand public
- Les données régionales et départementales
Quelle est l'organisation du dépistage des cancers en Grand Est ?
Les programmes de dépistages organisés des cancers sont pilotés au niveau régional par l’Agence Régionale de Santé Grand Est, en lien avec l’Assurance Maladie (Régime Général et Mutualité Sociale Agricole). Les programmes sont mis en œuvre par le centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) Grand Est, soutenu financièrement par l’ARS.
Depuis le 1er janvier 2024, les invitations à participer au dépistage organisé du cancer du col de l’utérus sont envoyées par l’Assurance Maladie (sur le compte ameli ou par voie postale) ou la MSA. La présentation de cette invitation permet la prise en charge à 100 % de l’examen. Les invitations précédemment reçues restent valables. Les invitations à participer aux dépistages organisés des cancers n’ont pas de date de fin de validité.
Ce programme de dépistage organisé permet :
- d’augmenter la couverture de dépistage par les invitations adressées aux femmes et les efforts de communication développés, l’implication de davantage de professionnels sur le terrain par des actions de formation, des actions de mobilisation ciblées auprès des différents publics.
- d’améliorer la qualité du dépistage en améliorant le suivi et les bonnes pratiques (intervalle de dépistage, limitation du sur-traitement).
- de réduire les inégalités d’accès au dépistage par une diversification des lieux de prélèvement et des effecteurs ainsi que la mise en place d’actions ciblées en direction des femmes en situation de précarité.
L’ARS participe également à la mise en place d’actions d’aller-vers via le pilotage par les délégations départementales de l’ARS des coordinations départementales réunissant le CRCDC, l’Assurance Maladie (régime général, régime local et Mutualité Sociale Agricole) et autres partenaires locaux.
Une attention particulière est portée à l’accès au dépistage des populations qui en sont le plus éloignées. C’est pourquoi l’ARS a inscrit comme priorité le renforcement de la promotion des dépistages organisés, notamment dans les quartiers prioritaires des villes. Ainsi, l’ARS soutient la mise en place d’actions sur la thématique des dépistages organisés des cancers, à travers notamment des contrats locaux de santé : Contrats locaux de santé : améliorer la santé de la population d'un territoire | Agence régionale de santé Grand Est.
Déployé en janvier 2024, l'espace digital "Jefaismondepistage.e-cancer.fr" permet de tout savoir sur les dépistages des cancers et les réaliser.






