Les ions perchlorates sont des sels chlorés très solubles dans l’eau. Leur présence dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH) peut s’expliquer par l’utilisation de perchlorate d’ammonium dans de nombreuses applications industrielles, en particulier dans les domaines militaire et aérospatial. D’autres sources de contamination ont également été observées : origine naturelle (observée au Chili et aux Etats-Unis), utilisation historique de salpêtre chilien (nitrate de sodium) exploité comme fertilisant en agriculture, impuretés dans des solutions industrielles d’hypochlorites utilisées pour la désinfection des eaux. Il existe aussi un lien entre la présence d’ions perchlorate dans l’environnement et les zones de combat durant la première guerre mondiale.
Les perchlorates ne sont classés cancérogènes ou mutagènes par aucun organisme international.
Les perchlorates interfèrent avec le processus d’incorporation de l’iode par la thyroïde ; ils peuvent donc induire une diminution dans la synthèse des hormones thyroïdiennes (TSH). C’est un effet biologique. Les études épidémiologiques ne permettent pas à ce jour de conclure à un effet clinique sur l’homme aux niveaux d’exposition actuellement mis en évidence.
Il convient de souligner que les perchlorates ne s’accumulent pas dans l’organisme humain et que leurs effets sont réversibles. Les fluctuations de courte durée des hormones thyroïdiennes ne sont pas un problème chez l'adulte en bonne santé.
Il s'agit des nourrissons de moins de 6 mois, compte-tenu de l’immaturité de leur thyroïde.
De ce fait, les recommandations du ministère chargé de la santé concernent :
- les femmes enceintes, pour protéger le fœtus qu'elles portent ;
- les femmes allaitantes, pour protéger l'enfant qu'elles nourrissent ;
- les nourrissons de moins de 6 mois.
Les recommandations actuellement en vigueur sont :
- pour les femmes enceintes et allaitantes : de limiter la consommation d’eau dont la teneur en ions perchlorate dépasse 15 μg/L.
- pour la préparation des biberons des nourrissons de moins de 6 mois : de limiter l’utilisation d’eau dont la teneur en ions perchlorate dépasse 4 μg/L.
Le traitement des perchlorates par des résines échangeuses d’ions, des procédés membranaires ou par dilution peut être envisagé, afin de réduire leur teneur au robinet.
Les procédés de traitement sont encadrés par la réglementation pour vérifier leur innocuité et leur efficacité.
Compte tenu de l’histoire régionale (zone de front 14-18, sites de destruction de munitions…), des zones de contamination ont été mises en évidences ces dernières années.
Bien que les perchlorates ne soient pas recherchés en routine dans le contrôle sanitaire, ils sont recherchés dans les secteurs identifiés à risque lors des différentes études et campagnes nationales ou locales menées depuis 2011.
Dans ce cas, le paramètre perchlorates est recherché périodiquement au titre du contrôle sanitaire, une à deux fois par an selon les situations, et les éventuels dépassement des seuils sanitaires et les recommandations de limitation de la consommation sont ainsi rappelées régulièrement aux populations concernées par les exploitants des réseaux de distribution.






