Chenilles urticantes

Article
Chenille

Les chenilles peuvent faire leur apparition dans notre environnement à différentes périodes de l’année. Certaines d’entre elles sont urticantes et peuvent entraîner des troubles de la santé tels que démangeaisons, conjonctivites, maux de gorge….

La vigilance est donc de mise, en évitant tout contact avec ces chenilles, leur nid et les zones potentiellement infestées.

Les chenilles processionnaires sont connues pour leur mode de vie grégaire et leur déplacement en file indienne.

Il s'agit d'une espèce de lépidoptères. A l'âge adulte elle se transforme donc en papillon. Sa larve prend la forme d'une chenille pouvant mesurer jusqu'à 40 millimètres de long, le corps parsemé de taches rouges et le ventre jaune.

La chenille processionnaire est recouverte de poils de soies urticants et allergisants pour l'Homme et l'animal et elle provoque également des dégâts aux végétaux.

Il en existe plusieurs types dont :

  • la chenille processionnaire du chêne, urticante du printemps jusqu'au début de l'été ;
  • la chenille processionnaire du pin, urticante de l'automne jusqu'au printemps.

Si le nuisible du chêne reste dans l'arbre en attendant de se transformer en papillon, celle du pin s'enfouit dans le sol en attendant la métamorphose.

Vous avez été exposés à des poils urticants de chenilles processionnaires ?

  • En cas de symptômes légers, consultez votre médecin traitant ou un médecin généraliste. Vous pouvez également vous rendre en pharmacie pour les symptômes de type démangeaisons.
  • N’appelez le 15 ou consultez un service d’urgences uniquement en cas d’apparition de signes graves tels des vomissements, un malaise, des vertiges, des difficultés à déglutir, des difficultés respiratoires ou une atteinte sévère des yeux.

Il est déconseillé de faire sécher en extérieur les masques respiratoires utilisés dans le cadre de l’épidémie de COVID-19.

Ouverture de l’Observatoire des chenilles processionnaires. 

Afin de renforcer la coordination des actions de prévention et de lutte contre les chenilles processionnaires, un Observatoire des chenilles processionnaires a été mis en place par le Ministère chargé de la Santé en partenariat avec les ministères chargés de l’agriculture et de l’écologie et le ministère de l’Intérieur. 

Chenille Risque (chenille-risque.info)

Chenilles processionnaires du chêne regroupées sur une branche. © Christophe Bailly

En région Grand Est, c’est la chenille processionnaire du chêne qui est la principale espèce proliférative.

Elle provoque des défoliations chez le chêne et des troubles pour la santé humaine. Elle apprécie les lisières des forêts et affectionne les peuplements peu denses.

A partir de son éclosion en avril, cette chenille traverse 6 stades larvaires. Au 3ème stade, mi-mai, les chenilles se dotent de longs poils soyeux caractéristiques, mais aussi de poils microscopiques contenus dans des glandes et qui peuvent être éjectés en cas de stress de l’animal. Ce sont ces poils microscopiques et très durs qui contiennent une protéine toxique susceptible de déclencher des irritations très intenses de la peau et des muqueuses (démangeaisons, conjonctivites, toux irritatives,…), mais aussi parfois des réactions allergiques (urticaire, difficultés respiratoires,…), qui deviendront de plus en plus sévères si les contacts avec l’allergène se répètent.

Pour les randonneurs ou les riverains d’arbres infestés, le risque sanitaire est maximal en mai-juin. Les nids tissés par les chenilles sur les arbres pour abriter leurs nymphes retiennent cependant une multitude de poils qui resteront urticants plusieurs années s’ils sont préservés de l’humidité.

> En savoir plus :

 

Chenilles processionnaires du Pin

Si le sud-ouest de la France est la région la plus touchée par la chenille processionnaire du pin, celle-ci étend son territoire en direction du Nord du pays : en Ile de France et vers la façade Est (Aube, sud de la Marne).

La processionnaire du pin est moins résistante au froid que celle du chêne. Elle passe l’hiver au stade de chenille et se réfugie dans des nids bien visibles à l’extrémité des branches de pin dont elle ne sort que la nuit pour se nourrir. Au printemps, la chenille se dirige vers le sol afin de s’y enfouir. C'est la procession de nymphose : toutes les chenilles se tiennent les unes aux autres et se déplacent en longue file.

Outre les dégâts qu’elle peut causer aux arbres, la chenille processionnaire du pin est également très urticante et allergisante sur la période allant du mois de novembre au mois de mars.

> Information Santé des forêts : la chenille processionnaire du pin

Chenille du Cul-brun, Euproctis chrysorrhoea    

La chenille de ce papillon est à l’origine de dégâts souvent spectaculaires dans les zones tempérées de l’Europe.

Ravageur polyphage des feuillus, le bombyx cul brun peut s’attaquer à de nombreuses espèces forestières, fruitières ou ornementales, principalement dans les lisières forestières, les haies et les arbres isolés, notamment très présent sur le bord des routes et sur les aires de repos arborées

L’abondance de chenilles munies de poils urticants peut être à l’origine d’urtications ou d’allergies chez les personnes sensibles, les animaux domestiques et le bétail.

> Information Santé des forêts : Le bombyx cul brun Euproctis chrysorrhoea

 Résultat de recherche d'images pour "La chenille Eilema Caniola"

Ces chenilles ont fait leur apparition dans notre région très récemment. Elles ont une forme de vie très différente des chenilles processionnaires du chêne. Habituées aux zones urbaines, elles se nourrissent de mousse et de lichens et hivernent sous les tuiles, dans les vieux murs, à l’ombre.

On les voit pulluler aux mois de mai-juin lorsqu’elles ont fini leur cycle larvaire et recherchent des anfractuosités pour faire leur cocon. Elles grimpent aux façades, nichent sous les tuiles des toitures et pénètrent dans les habitations par les velux, même fermés parfois. Elles ont une durée de vie d’environ 15 jours avant leur transformation en papillon. Elles sont moins urticantes que les processionnaires du chêne.

Il y a peu de parade contre l’invasion de ces chenilles. Le recours à l’aspersion de pesticide est absolument à proscrire dans un logis

> Information spécifique sur la lutte contre les chenilles Eilema Caniola 

 

> Chenilles urticantes : consignes de prévention sanitaire

 

Sur les terrains privés, la lutte contre la prolifération des chenilles urticantes incombe aux propriétaires ou occupants de ces terrains.

Dans le cas de terrains privés infestés causant des nuisances pour le voisinage, le maire a le pouvoir de demander aux propriétaires ou occupants de ces terrains de supprimer les nids de chenilles dans des délais fixés par celui-ci

En ce qui concerne les lieux publics infestés, la lutte contre la prolifération des chenilles urticantes incombe au maire.

Dans tous les cas, la lutte contre les chenilles urticantes est une affaire de professionnels. Il est donc fortement recommandé de faire intervenir une société spécialisée ou un professionnel formé pour toute intervention sur un arbre infesté.

> En savoir plus : France Chenilles (annuaires de professionnels)