Trois programmes nationaux permettent de proposer régulièrement un dépistage aux personnes concernées, même en l'absence de symptômes.
| Dépistages cancers | Personnes concernées | Fréquence |
|---|---|---|
| Sein | Femmes de 50 à 74 ans | Tous les 2 ans |
| Colorectal | Femmes et hommes de 50 à 74 ans | Tous les 2 ans |
| Col de l'utérus | Femmes de 25 à 65 ans | Selon l'âge : examens cytologiques à 25-29 ans, puis tests HPV-HR à partir de 30 ans |
Ces recommandations concernent les personnes sans risque particulier. En fonction de vos antécédents personnels ou familiaux, un suivi spécifique peut être nécessaire. Demandez conseil à votre médecin ou à un autre professionnel de santé.
- Raison n°1 : plus un cancer est détecté tôt, mieux il se soigne et se guérit.
- Raison n°2 : c’est facile, en prenant rendez-vous ou en réalisant un test chez soi.
- Raison n°3 : dans la majorité des cas, rien n’est détecté et vous êtes rassuré(e).
Le dépistage régulier permet de détecter un cancer à un stade précoce. L’intérêt du diagnostic précoce est ainsi de mieux soigner, mais aussi de limiter les séquelles liées à certains traitements.
Dans certains cas, le dépistage peut même permettre d’éviter l’apparition d’un cancer, grâce au repérage et au traitement d’une anomalie qui aurait pu évoluer vers un cancer.
Les deux moyens d’agir pour permettre un diagnostic précoce sont :
- le dépistage, lorsqu’il existe, c’est-à-dire la réalisation d’examens de détection ou de surveillance alors qu’on se sent en bonne santé ;
- la détection précoce, c’est-à-dire l’identification de signes d’alerte dès leur apparition.
Trois programmes nationaux de dépistage organisé sont mis en œuvre en France : pour le cancer du sein, pour le cancer du col de l’utérus et pour le cancer colorectal.
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Son dépistage permet de repérer des anomalies à un stade précoce, parfois avant l'apparition de signes visibles ou palpables.
Qui est concerné ?
Les femmes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particulier, sont invitées à réaliser une mammographie de dépistage tous les deux ans.
En présence d'antécédents personnels ou familiaux, un suivi adapté peut être recommandé, y compris avant 50 ans.
Comment se déroule le dépistage ?
Le dépistage comprend un examen clinique des seins et une mammographie, réalisés par un radiologue agréé.
En l'absence d'anomalie détectée lors de la première lecture, les mammographies bénéficient systématiquement d'une seconde lecture par un autre radiologue agréé. Cette procédure constitue une garantie supplémentaire de qualité du programme organisé.
Dans certaines situations, une échographie complémentaire peut être nécessaire.
Où réaliser sa mammographie ?
Vous pouvez prendre rendez-vous auprès du radiologue agréé de votre choix, en cabinet ou dans un établissement de santé participant au programme.
La mammographie et l'examen clinique des seins réalisés dans le cadre du dépistage organisé sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais. Si une échographie complémentaire est nécessaire, elle est remboursée selon les conditions habituelles de prise en charge par l'Assurance Maladie et la complémentaire santé.
Pourquoi se faire dépister régulièrement ?
Le cancer du sein peut se développer sans symptôme perceptible. Un diagnostic précoce permet généralement d'envisager des traitements moins lourds et d'améliorer les chances de guérison.
Il est possible de réaliser son dépistage toute l'année, et pas uniquement pendant Octobre Rose.
En cas de modification inhabituelle d'un sein, de grosseur, d'écoulement ou de tout autre symptôme, consultez sans attendre votre prochain dépistage.
En savoir plus : Assurance Maladie – Dépistage organisé du cancer du sein
Premier cancer chez la femme avec environ 59 000 nouveaux cas par an en France, le cancer du sein constitue également la principale cause de mortalité par cancer chez ces dernières (plus de 12 000 décès par an).
Plusieurs actions peuvent être mises en place afin de favoriser une détection précoce du cancer du sein. L'intérêt est de pouvoir soigner ce cancer plus facilement et de limiter les séquelles liées à certains traitements.
Tout comprendre sur le dépistage du cancer du sein
Le cancer du col de l'utérus est principalement lié à des infections persistantes par certains papillomavirus humains (HPV). Deux moyens de prévention complémentaires permettent de réduire ce risque : le dépistage régulier et la vaccination contre les HPV.
La vaccination contre les HPV : une prévention complémentaire au dépistage
La vaccination contre les papillomavirus humains est recommandée chez les filles et les garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu'à 26 ans inclus. Elle contribue à prévenir plusieurs cancers liés aux HPV, mais ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l'utérus.
Même vaccinées, les femmes concernées doivent continuer à réaliser les examens recommandés.
Lé dépistage régulier
Qui est concerné ?
Le dépistage est recommandé aux femmes de 25 à 65 ans, y compris lorsqu'elles ont été vaccinées contre les HPV.
La nature de l'examen et sa fréquence varient selon l'âge.
- Entre 25 et 29 ans : Le dépistage repose sur un examen cytologique, qui consiste à analyser les cellules prélevées au niveau du col de l'utérus. Les deux premiers examens sont réalisés à un an d'intervalle, puis tous les trois ans si les résultats sont normaux.
- Entre 30 et 65 ans : Le dépistage repose sur un test HPV-HR, destiné à rechercher les papillomavirus à haut risque de cancer. Le premier test est réalisé trois ans après le dernier examen cytologique normal, puis tous les cinq ans si les résultats sont négatifs.
Comment se déroule l'examen ?
Le dépistage repose sur un prélèvement réalisé au niveau du col de l'utérus, appelé frottis.
Il peut être effectué notamment par un médecin ou une sage-femme, dans un cabinet médical, un établissement de santé ou un laboratoire habilité.
L'analyse est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie dans le cadre du programme de dépistage organisé. Le prélèvement est remboursé selon les conditions habituelles de prise en charge.
Pourquoi se faire dépister ?
Le dépistage permet de repérer des anomalies cellulaires ou des infections à HPV à haut risque, susceptibles de nécessiter une surveillance ou des examens complémentaires. Il peut ainsi permettre de détecter et de traiter des lésions précancéreuses avant leur évolution vers un cancer.
Le cancer colorectal touche les femmes comme les hommes. Il peut se développer pendant plusieurs années sans provoquer de symptômes. Un dépistage régulier permet de repérer des saignements invisibles dans les selles, pouvant révéler la présence de lésions précancéreuses ou d'un cancer à un stade précoce.
Qui est concerné ?
Les femmes et les hommes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particulier, sont invités à réaliser un test de dépistage tous les deux ans.
Les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer colorectal ou présentant certains facteurs de risque peuvent nécessiter une surveillance spécifique.
Comment se déroule le dépistage ?
Le dépistage repose sur un test immunologique simple et rapide à réaliser à domicile. Il consiste à prélever un petit échantillon de selles à l'aide du matériel fourni dans le kit, puis à l'envoyer gratuitement au laboratoire pour analyse.
Si le test révèle la présence de sang dans les selles, cela ne signifie pas nécessairement qu'un cancer est présent. Une coloscopie est alors nécessaire pour en rechercher l'origine.
Où obtenir son kit de dépistage ?
Le kit peut être obtenu :
- auprès d'un médecin ;
- auprès d'un pharmacien ou d'un infirmier ;
- en le commandant en ligne avec l'invitation reçue de l'Assurance Maladie.
Le kit et son analyse sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie.
Identifiez les facteurs de risque sur lesquels vous pouvez agir
Au-delà du dépistage, certains comportements permettent de réduire le risque de développer plusieurs cancers : ne pas fumer, limiter sa consommation d'alcool, pratiquer une activité physique régulière et adopter une alimentation équilibrée.
Pour identifier les facteurs de risque sur lesquels vous pouvez agir, consultez l'outil « Mon test prévention cancers » de l'Institut national du cancer.
C'est un nouvel outil ludique et interactif qui permet de découvrir, après avoir répondu à quelques questions, comment réduire son exposition aux principaux facteurs évitables de risque de cancer.
Agir contre les risques de cancer : conseils pratiques
Ce magazine en ligne présente des conseils pratiques, des repères de consommation, des chiffres clés et des avis d’experts pour aider chacun dans l’adoption de ces gestes au quotidien pour prendre soin de sa santé.
L’organisation des dépistages des cancers du sein, colorectal et du col de l'utérus est assurée par le Centre régional de coordination des dépistage des cancers (CRCDC), en partenariat avec l’Assurance Maladie et l’Agence Régionale de Santé.
| Depuis le 1er janvier 2024, les invitations à participer au dépistage organisé des cancers sont envoyées par l’Assurance Maladie. |
| Le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC) Grand Est est composé de 10 sites territoriaux, soit un par département. Il a pour mission d’assurer :
En savoir plus sur les Centres régionaux de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) Sur le site de l'INCa, une rubrique est dédiée aux centres régionaux de coordination des dépistages des cancers qui ont pour objectif de faciliter le travail d’information et de mobilisation des acteurs du dépistage sur le terrain. |
| L’ARS Grand Est pilote la mise en œuvre des dépistages organisés par le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC) et contribue à son financement. Une attention particulière est portée à l’accès au dépistage des populations qui en sont le plus éloignées. C’est pourquoi l’ARS a inscrit comme priorité le renforcement de la promotion des dépistages organisés, notamment dans les quartiers prioritaires des villes, à travers les contrats locaux de santé (CLS). |
La parole au Dr Arielle BRUNNER, Directrice
Direction de la Promotion de la Santé, de la Prévention et de la Santé Environnementale
Le dépistage des cancers est une priorité pour l’ARS Grand Est
Composante essentielle de l’état de santé de la population, la lutte contre les cancers est une priorité pour l’ARS Grand Est. Elle s’inscrit dans la continuité de la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 qui présente des objectifs ambitieux dont celui de réduire de 60 000 par an le nombre de cancers évitables à l’horizon 2040 et réaliser un million de dépistages en plus à l’horizon 2025.
La déclinaison de cette politique nationale est inscrite dans le Schéma régional de santé Grand Est au travers d’une feuille de route régionale Cancer. Cette dernière prévoit la mise en place de plus de 40 actions définies autour de quatre axes : améliorer la prévention, via notamment l’amélioration de l’accès au dépistage ; limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie ; lutter contre les cancers de mauvais pronostic ; s’assurer que les progrès bénéficient à tous en luttant notamment contre les inégalités sociales et territoriales et santé.
Le Schéma Régional de Santé 2023-2028 (SRS), feuille de route de la politique régionale de santé, est axé autour de quatre priorités répondant à des enjeux majeurs de santé publique : minimiser l’impact du changement climatique sur la santé des populations ; renforcer la prévention et la promotion de la santé au plus près des jeunes (0-16 ans) et de leurs parents ; encourager un écosystème de la santé favorable à la préservation de l’autonomie à tous les âges de la vie ; optimiser l’accès aux soins non programmés dans les territoires.
Ainsi, la priorité consacrée à la prévention de la perte d’autonomie à tous les âges de la vie intègre l’objectif de renforcer l’accès aux dépistages organisés des cancers à chaque personne dont l’autonomie est limitée.
Pour en savoir plus :
- Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030, feuille de route 2021-2025 : https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/feuille_de_route_-_strategie_decennale_de_lutte_contre_les_cancers.pdf
- INCa : https://www.e-cancer.fr/Institut-national-du-cancer/Strategie-de-lutte-contre-les-cancers-en-France/La-strategie-decennale-de-lutte-contre-les-cancers-2021-2030
- Schéma régional de santé 2023-2028 : https://www.grand-est.ars.sante.fr/facile-lire-et-comprendre-4-priorites-de-sante-pour-la-periode-2023-2028-srs
Au niveau régional, l’ARS poursuit une politique de partenariat avec :
Un Plan d’actions « Prévention » partagé Assurance Maladie/Agence Régionale de Santé
L’Assurance Maladie (AM) est un partenaire privilégié de l’ARS. Dans le cadre de la politique partagée entre nos deux institutions, un plan d’actions commun AM-ARS a été défini fin 2023. Son objectif est de renforcer la politique partenariale au niveau régional et surtout au niveau départemental afin que la déclinaison locale des orientations nationales et régionales réponde aux enjeux spécifiques des territoires.
Le dépistage organisé des cancers est une des priorités de ce plan d’actions conjoint. Une des actions majeures est notamment la mise en place les instances de coordination départementale Cancer.
Pilotées par l’ARS, ces instances réunissent le CRCDC, l’Assurance Maladie (Régime Général et Mutualité Sociale Agricole), les comités territoriaux de la Ligue contre le cancer et des représentants d’acteurs locaux sur la thématique. Ces instances visent à déployer des actions de type « aller-vers » à destination des publics les plus éloignés des trois dépistages organisés (sein, colorectal et col de l’utérus) et des professionnels. La mise en place de ces instances et la définition des actions à réaliser se poursuivent. A titre d’exemple, on peut citer la sensibilisation et la formation des professionnels en structures d’exercice coordonné, la formation de professionnels de santé et de personnes relais, la sensibilisation de salariés en entreprise ou encore la mise en place d’ateliers d’information en centre socio-culturel.
Les Contrats Locaux de Santé (CLS)
Porté conjointement par l’ARS et par une collectivité territoriale ou son regroupement, le Contrat Local de Santé (CLS) est un dispositif visant à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.
Le CLS assure la mise en œuvre locale d’une approche transversale de la santé en mobilisant les politiques d’organisation de la santé menées par l’ARS, les compétences de l’Etat, l’action des collectivités locales et celles des institutions et organisations partenaires. Il s’agit d’un outil particulièrement pertinent pour renforcer les actions sur certains territoires et aller au plus près de la population, notamment en milieu rural et dans les quartiers urbains en difficulté.
Aussi, depuis 2023, un des objectifs prioritaires pour l’ARS en matière de prévention et promotion de la santé à inscrire dans chaque CLS est le renforcement du dépistage organisé des cancers.
Pour en savoir plus : Contrats locaux de santé : améliorer la santé de la population d'un territoire | Agence régionale de santé Grand Est (sante.fr)






