Dépistage du saturnisme : foire aux questions

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En raison de la présence de plomb dans les sols de certaines communes du Grand Est, l'ARS, la Préfecture, la CPAM, la MSA et la MGEN proposent un dépistage gratuit du saturnisme dans ces communes. Le dépistage concerne les enfants de moins de 18 ans habitant ou scolarisés dans les communes concernées ainsi que les femmes enceintes qui y vivent. Consultez la foire aux questions.

Foire aux questions

Le saturnisme, lié à une exposition excessive au plomb, peut avoir de graves effets sur la santé, surtout chez les enfants. Un repérage rapide permet de mettre en place des mesures pour réduire l’exposition et prévenir des complications durables. 

Si votre commune est concernée, votre participation au dépistage et le respect des recommandations permettent de limiter efficacement l’exposition et de protéger la santé, en particulier celle de vos enfants.

La foire aux questions et le flyer ci-dessous vous aident à mieux comprendre le saturnisme et l'organisation des campagnes de dépistage.

À retenir

Le dépistage est préventif, volontaire, confidentiel et gratuit pour les publics concernés.

Il vise à :

  • repérer précocement une exposition éventuelle,
  • protéger en priorité les enfants et les femmes enceintes,
  • mettre en place des mesures simples pour réduire l’exposition avant l’apparition de problèmes de santé.

Qui est concerné par le dépistage et comment en est-on informé ?

Dans les secteurs identifiés par les études environnementales, le dépistage concerne en priorité :

  • les enfants de moins de 18 ans qui y habitent, y sont scolarisés ou y séjournent régulièrement,
  • les femmes enceintes qui y habitent ou y séjournent régulièrement.

Ces populations sont plus sensibles aux effets des métaux sur la santé.

Un courrier d’invitation à réaliser le dépistage est adressé aux femmes enceintes et aux parents des enfants concernés, à leur domicile, par leur caisse d’assurance maladie.

Quelles sont les modalités du dépistage ?

Si votre commune est concernée par le dépistage, vous recevez directement à votre domicile un courrier de votre caisse d’assurance maladie. Il contient un bon de dépistage, accompagné d’un dépliant explicatif. Grâce à ce bon, il vous est possible de bénéficier gratuitement d’un dépistage du saturnisme par une prise de sang.

Les femmes enceintes et les parents d’enfants qui n’ont pas reçu ce bon – notamment en cas de grossesse déclarée ou d’emménagement récent – font l’objet d’un dispositif territorial spécifique afin de leur permettre de bénéficier gratuitement de ce dépistage.

Le dépistage est-il obligatoire ?

Non. Le dépistage est proposé, jamais imposé. Il repose sur le volontariat et permet, en cas de besoin, d’agir tôt pour protéger la santé.

Quels métaux sont concernés par les campagnes de dépistage ?

Les campagnes portent principalement sur le plomb et, dans certains territoires, sur l’arsenic. Ces métaux ont été identifiés à des niveaux supérieurs aux seuils de gestion définis par les autorités sanitaires nationales.

Comment se déroule le dépistage ?

Selon le métal concerné :

  • le plomb est recherché par une prise de sang (plombémie),
  • l’arsenic est recherché par une analyse d’urines (arsenicurie), après éviction des produits de la mer.

Ces examens sont entièrement pris en charge pour les enfants de moins de 18 ans et les femmes enceintes concernés par la campagne de dépistage.

Pourquoi les modalités de dépistage sont-elles différentes selon le métal ?

Les métaux n’ont pas le même comportement dans l’organisme. Le plomb est principalement recherché dans le sang, tandis que l’arsenic est éliminé dans les urines, ce qui explique les différences de méthodes.

Que se passe-t-il en cas de résultat de dépistage supérieur à la norme ?

Si un résultat d’analyse dépasse les seuils :

  • vous êtes contacté par les services de santé,
  • des conseils personnalisés vous sont proposés pour réduire l’exposition,
  • un suivi peut être organisé avec les professionnels de santé si nécessaire.

L’objectif est de vous accompagner, pas de contrôler.

Pourquoi faut-il éviter les produits de la mer avant un test d’arsenic ?

Les produits de la mer contiennent des formes d’arsenic peu toxiques mais qui peuvent fausser les résultats. Une éviction de 3 jours est donc nécessaire avant le prélèvement.

Quels sont les secteurs concernés par le dépistage ?

Les secteurs concernés par le dépistage sont des secteurs qui ont été identifiés à l’occasion d’études environnementales qui ont montré des teneurs anormales de métaux dans les sols.

Les autres secteurs non concernés par le dépistage ne sont donc pas pollués ?

Les secteurs concernés par le dépistage sont définis selon la localisation des sols pollués décrite par les études environnementales disponibles au moment du dépistage. 

Les études environnementales sont généralement menées sur des secteurs sur lesquels une pollution est suspectée. Sans étude environnementale, il n’est pas possible de prédire ou d’affirmer, si un secteur est pollué ou non. 

Résidant dans un des secteurs concernés, je n’ai pas été contacté, que dois-je faire ?

Les femmes enceintes et les parents d’enfants qui n’auraient pas été contactés sont invités à contacter un professionnel de santé (médecin traitant, pédiatre, gynécologue ou sage-femme) pour envisager un dépistage. 

Mon médecin traitant ou d’autres professionnels sont-ils informés ?

Sous couvert de l’accord préalable de la personne concernée, le médecin traitant ou tout autre professionnel de santé impliqué peut être informé afin d’assurer un suivi médical adapté.

Tous sont soumis au secret médical.

D’autres institutions sont-elles informées ?

Oui, certaines institutions (collectivités, partenaires locaux) peuvent être informées de l’existence de la campagne de prévention sur le territoire.

En revanche :

  • seuls les professionnels de santé du CAP-TV et de l’ARS sont informés des résultats dans le cadre de la gestion du dépistage et du saturnisme, maladie à déclaration obligatoire,
  • aucune information individuelle, ni résultat personnel de dépistage n’est transmise,
  • ni les écoles, ni les bailleurs, ni les services sociaux ne reçoivent de données personnelles.

Les informations partagées sont obligatoirement anonymes.

Qui finance et organise les dépistages ?

Les dépistages sont organisés par l’ARS, en lien avec ses partenaires : les examens sont entièrement pris en charge pour les enfants de moins de 18 ans et les femmes enceintes concernés.

Les campagnes peuvent-elles évoluer dans le temps ?

Oui. Les campagnes peuvent être adaptées ou renouvelées en fonction des résultats environnementaux, des dépistages et de l’évolution des connaissances scientifiques.

Quels sont les symptômes et les conséquences d’une intoxication ?

Les effets sanitaires d’une intoxication au plomb (saturnisme) ou à l’arsenic sont :

  • Plomb : chez le jeune enfant, l’intoxication par le plomb peut perturber le développement du système nerveux et entraîner des retards psychomoteurs. Les symptômes d’une intoxication au plomb sont très généraux (troubles digestifs, troubles du sommeil, de l’apprentissage, etc.).
  • Arsenic : l’intoxication chronique à l’arsenic peut provoquer des symptômes très généraux comme des lésions de la peau.

Pour ces deux métaux, les populations les plus sensibles sont les enfants mais également les femmes enceintes, car l’enfant qu’elles portent y est très sensible.

En cas de doute ou d’inquiétude, parlez-en à votre médecin ou à un autre professionnel de santé (sage-femme, pédiatre, etc.).

Qu’est-ce qu’une valeur biologique de référence ?

Une valeur biologique de référence correspond à un seuil du résultat d’analyse au-delà duquel une imprégnation (c’est-à-dire la quantité de cette substance dans l’organisme) est considérée comme trop élevée et justifie des actions pour réduire l’exposition.

Quels sont les seuils utilisés pour le plomb et l’arsenic ?

Pour le plomb, la principale valeur biologique de référence pour les enfants et les femmes enceintes est de 50 µg/L dans le sang. Pour l’arsenic, la principale valeur biologique de référence pour les enfants et les femmes enceintes est de 10 µg/g de créatinine dans les urines.

Après une surexposition, le retour à la normale est-il long ?

L’application des mesures hygiéno-diététiques figurant sur la plaquette qui accompagne le courrier de la caisse d’assurance maladie permet de réduire l’exposition aux métaux. Une analyse biologique, tous les 1 à 3 mois pour l’arsenic ou tous les 3 à 6 mois pour le plomb, permet de contrôler l’évolution à la baisse de l’exposition.

Qui puis-je contacter en cas de questions ou de difficultés ?

En cas de doute ou d’inquiétude, vous pouvez :

  • en parler à votre médecin traitant,
  • vous adresser à des professionnels de santé (PMI, sage-femme, pédiatre, CAP-TV).

Vous n’êtes pas seul(e) : l’objectif de cette démarche est de vous informer, vous protéger et vous accompagner.

Pourquoi parle-t-on de métaux dans les sols de certaines communes ?

Dans certaines communes du Grand Est, des études environnementales ont montré la présence de métaux (notamment le plomb et parfois l’arsenic) dans les sols à des niveaux supérieurs aux seuils de gestion définis au niveau national.

Ces métaux peuvent être :

  • naturellement présents selon la géologie locale,
  • liés à des activités humaines (industries, mines, remblais, transports, pratiques agricoles anciennes).

Quelles sont les autres sources de contamination ?

L’eau peut contenir du plomb. Celle distribuée par votre commune via le réseau de distribution de la ville fait l’objet de contrôles réguliers afin de garantir sa conformité avec la réglementation, notamment pour les métaux. Plus d'informations : Eau du robinet

Les sources et puits privés qui ne sont pas contrôlés peuvent contenir des métaux nocifs pour la santé : il est vivement recommandé de ne pas les utiliser pour l’eau de boisson ou de préparation des aliments (cuisson, lavage des légumes, etc.). Vous pouvez faire réaliser, à vos frais, une analyse d’eau spécifique. De même, l’eau de pluie ne doit pas être utilisée pour ces usages. Plus d'informations : Utilisation de l'eau non potable à domicile

D'autre part, le tabagisme, passif ou non, expose à de nombreux polluants dont le plomb et l’arsenic.

Pour en savoir plus : Plomb et saturnisme

Les métaux vont-ils disparaître avec le temps ?

Non. Les métaux présents dans les sols sont stables et persistent dans le temps. Il n’existe pas de processus naturel permettant leur disparition.

Les solutions possibles reposent sur :

  • la réduction de l’exposition,
  • le recouvrement des sols,
  • des pratiques de jardinage adaptées. 

Existe-t-il des plantes capables de dépolluer les sols ?

À ce jour, il n’existe pas de plantes permettant de dépolluer efficacement des sols contaminés par le plomb ou l’arsenic.

Pourquoi certaines parcelles sont-elles polluées et pas d’autres ?

La pollution des sols est souvent hétérogène. Elle dépend de l’histoire des usages (anciens remblais, activités industrielles ou minières) et des déplacements de terres. Deux parcelles voisines peuvent donc présenter des teneurs très différentes.

Que puis-je faire au quotidien pour réduire les risques ?

Des gestes simples permettent de limiter fortement l’exposition :

  • se laver les mains régulièrement, surtout après avoir joué dehors,
  • nettoyer les sols avec une serpillière humide,
  • laver soigneusement fruits et légumes,
  • éviter que les enfants jouent sur des sols en terre nue,
  • cultiver certains légumes en bacs avec de la terre saine.

Puis-je consommer les légumes de mon potager ?

Dans la plupart des cas, l’application des mesures d’hygiène suffit à réduire les risques.

De façon générale :

  • les fruits et légumes-fruits sont les moins sensibles,
  • les légumes-racines doivent être bien lavés et épluchés,
  • les légumes-feuilles et herbes aromatiques sont à cultiver de préférence en bacs.

Si vous avez un élevage domestique de volailles, veillez à respecter les recommandations suivantes :

  • donner les aliments dans une mangeoire (pas directement sur le sol),
  • choisir un aliment adapté aux besoins des volailles.
  • ne pas répandre de cendres dans le jardin.

Pour en savoir plus, consulter le guide sanitaire de l’autoconsommation édité par le ministère chargé de la santé

Certains légumes concentrent-ils davantage les métaux ?

Les légumes-feuilles et certaines herbes aromatiques accumulent plus facilement les métaux présents dans les sols, contrairement aux fruits et légumes-fruits.

Les recommandations sont-elles identiques partout ?

Non. Elles peuvent être adaptées localement en fonction des résultats des études environnementales et des campagnes de dépistage.


Résultats des dépistages par communes

Le dépistage s’est déroulé entre le 17 septembre 2024 (envoi des bons de dépistage) et le 31 janvier 2025. Au total, 265 personnes étaient concernées (enfants et jeunes de moins de 18 ans résidant ou scolarisés à Bourg-Fidèle, ainsi que les femmes enceintes vivant dans la commune). 

A l'issue du dépistage :