Dérives thérapeutiques : comment les repérer et s'en protéger ?

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Vous avez recours à une pratique de santé non conventionnelle ou vous vous interrogez sur les conseils d'un praticien ? Apprenez à reconnaître les signes de dérives thérapeutiques, à identifier les situations à risque et à adopter les bons réflexes grâce au Dérivomètre du ministère chargé de la Santé.

Une pratique non conventionnelle ne doit jamais se substituer à un diagnostic médical ou à un traitement prescrit. Avant de vous engager, prenez le temps de vous informer et de demander conseil à un professionnel de santé.

Naturopathie, soins énergétiques, méthodes dites « quantiques », jeûnes thérapeutiques, détox… Les pratiques non conventionnelles en santé sont nombreuses et prennent des formes variées.

Souvent présentées comme naturelles ou sans danger, certaines peuvent pourtant présenter des risques pour votre santé : retard de diagnostic, abandon de traitement, perte de chance de guérison, préjudice financier ou encore emprise psychologique.

Pour vous aider à identifier les situations préoccupantes, le ministère chargé de la Santé met à votre disposition le Dérivomètre.

Cet outil gratuit s'adresse aux personnes qui ont recours à des pratiques non conventionnelles en santé, mais aussi à leurs proches.

Certains comportements ou discours d'un praticien doivent vous alerter. C'est notamment le cas lorsqu'il :

  • Promet une guérison rapide ou miraculeuse ;
  • Vous demande d'arrêter un traitement médical ;
  • Dénigre systématiquement la médecine et les professionnels de santé ;
  • Affirme être le seul à pouvoir vous soigner ;
  • Vous culpabilise ou vous incite à vous éloigner de vos proches ;
  • Vous propose des actes invasifs en dehors de tout cadre médical justifié.

Vous reconnaissez une ou plusieurs de ces situations ?

Le Dérivomètre vous aide à évaluer votre situation grâce à trois niveaux de vigilance, associés à des recommandations adaptées :

  • Je reste attentif : certains éléments appellent à la vigilance.
  • Je fais une pause : il est nécessaire de prendre du recul et de demander conseil.
  • Je dis stop : la situation présente des risques importants et nécessite de réagir.

Consulter les signaux d'alerte et les niveaux de vigilance

Si une pratique ou le comportement d'un praticien vous inquiète, plusieurs réflexes permettent de vous protéger :

  1. Ne modifiez pas et n'arrêtez pas votre traitement médical sans avis médical préalable.
  2. Demandez conseil à un professionnel de santé qui assure votre suivi.
  3. Renseignez-vous sur la sécurité et le coût global des prestations avant de vous engager.
  4. Conservez les documents et échanges utiles si vous pensez être confronté à une situation préoccupante.
  5. Faites-vous accompagner par une association d'aide aux victimes ou un organisme compétent si nécessaire.

En cas de risque important, le Dérivomètre précise les démarches à entreprendre selon la situation rencontrée.

Vous vous interrogez sur une pratique thérapeutique, pensez être victime d'une dérive ou vous inquiétez pour un proche ? Selon votre situation, plusieurs interlocuteurs peuvent vous aider.

Pour obtenir un avis sur votre santé ou votre traitement

Adressez-vous à un professionnel de santé pour toute question concernant votre suivi médical, les bénéfices ou les risques d'une pratique thérapeutique.

Pour être écouté et accompagné

Les associations d'aide aux victimes peuvent vous apporter un soutien adapté et vous orienter dans vos démarches.

Pour vous informer sur les dérives sectaires

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) vous renseigne sur les risques de dérives sectaires et les recours possibles.

Pour signaler une pratique préoccupante

Selon la situation, vous pouvez saisir :

  • L'ARS Grand Est si vous êtes témoin ou concerné par une pratique thérapeutique qui vous paraît dangereuse, trompeuse ou susceptible de porter atteinte à la santé des personnes. L'Agence examinera les éléments transmis et pourra, si nécessaire, les orienter vers les autorités ou organismes compétents.

  • L'Ordre professionnel concerné, si le signalement porte sur les pratiques d'un professionnel de santé relevant de sa compétence.