Campagnes de dépistage du saturnisme en Grand Est

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En raison de la présence de plomb dans les sols de certaines communes du Grand Est, l'ARS, la Préfecture, la CPAM, la MSA et la MGEN proposent un dépistage gratuit du saturnisme dans ces communes. Le dépistage concerne les enfants de moins de 18 ans habitant ou scolarisés dans les communes concernées ainsi que les femmes enceintes qui y vivent.

Le saturnisme, causé par une exposition excessive au plomb, peut avoir de graves conséquences sur la santé, en particulier pour les plus jeunes. En identifiant rapidement les personnes touchées, des mesures peuvent être mises en place pour réduire leur exposition et éviter des complications à long terme.

Prenez connaissance des campagnes de dépistage en sélectionnant une commune.

 

Quels sont les résultats du dépistage de 2024 ?

Le dépistage s’est déroulé entre le 17 septembre 2024 (envoi des bons de dépistage) et le 31 janvier 2025. Au total, 265 personnes étaient concernées (enfants et jeunes de moins de 18 ans résidant ou scolarisés à Bourg-Fidèle, ainsi que les femmes enceintes vivant dans la commune). 

A l'issue du dépistage :

  • 64 personnes ont été dépistées, soit un taux de participation de 24,15%, comparable aux opérations similaires menées ailleurs ;
  • Moyenne d’âge des personnes dépistées : 10 ans ;
  • Les taux de plomb dans le sang varient entre 3,3 et 31 µg/L, tous en dessous du seuil de 50 µg/L, niveau à partir duquel on parle de saturnisme ;
  • Les enfants de 0 à 5 ans présentent une exposition plus élevée que les autres tranches d’âge, mais restent à un niveau modéré (moyenne de 14,2 µg/L). Ces résultats sont cohérents avec des études nationales comme ESTEBAN et SATURNINF.

Lorsqu’un dépistage est organisé par l’ARS et ses partenaires en lien avec les élus du territoire, les familles concernées reçoivent directement à leur domicile un courrier de leur caisse d’assurance maladie. Il contient un bon de dépistage, accompagné d’un dépliant explicatif. Grâce à ce bon, il leur est possible de bénéficier gratuitement d’un dépistage du saturnisme par une prise de sang.

Les femmes enceintes et les parents d’enfants qui n’ont pas reçu ce bon – notamment en cas de grossesse déclarée ou d’emménagement récent – font l’objet d’un dispositif territorial spécifique afin de leur permettre de bénéficier gratuitement de ce dépistage.

Les professionnels de santé du territoire concerné sont également informés et sensibilisés par l'ARS et la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) pour faciliter cette démarche.


Foire aux questions | Dépistage des surexpositions à certains métaux contenus dans les sols du Grand Est

Dans certaines communes du Grand Est, l’ARS et ses partenaires organisent des campagnes de dépistage gratuit du saturnisme (intoxication par le plomb), voire de la surexposition à d’autres métaux (arsenic) ; il s’agit de communes pour lesquelles ces métaux ont été mesurés dans les sols et dont les teneurs dépassent en moyenne les seuils de gestion définis par les instances scientifiques nationales.

Cette foire aux questions concerne uniquement les dépistages menés par l'ARS Grand Est et s’adresse aux personnes vivant dans les secteurs concernés.

Certains métaux comme le plomb et l’arsenic sont naturellement présents dans les sols, selon la géologie locale.
Les rejets de l’industrie, des mines, des ménages, des transports ou de l’agriculture contribuent aussi à la contamination diffuse des métaux dans les sols.

Toxiques à des doses variables pour l’homme, la faune et la flore, les métaux peuvent contaminer les écosystèmes via les chaînes alimentaires et la ressource en eau.

Les terres polluées par des métaux sont le plus souvent, disséminées par les activités humaines lors de remblai ou de déplacement de terres. Ainsi, certaines parcelles côte à côte peuvent présenter des teneurs très différentes dont certaines normales. 

Sans analyse, il n’est pas possible de prédire si une parcelle est polluée ou non.
Les études environnementales menées préalablement aux campagnes de dépistage des surexpositions aux métaux permettent d’identifier le territoire concerné par des teneurs anormales en métaux.

L’exposition de manière répétée aux métaux peut entraîner des effets sur la santé des enfants et des femmes enceintes car l’enfant qu’elles portent y est très sensible. 

En identifiant les personnes effectivement concernées, des mesures pourront être mises en place pour réduire l’exposition et éviter les complications à long terme.

Les critères de dépistage sont établis par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) selon les métaux concernés :

Plomb

Arsenic

Avis du HCSP relatif au plomb

Avis du HCSP relatif à l’arsenic

Le HCSP préconise le dépistage du saturnisme infantile (intoxication des enfants par le plomb) au-delà d’une contamination des sols de 300 mg de plomb/kg de terre sèche.

Ce dépistage repose sur le dosage du taux de plomb sanguin (plombémie).

Il est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour les enfants de moins de 18 ans et les femmes enceintes.

Le HCSP préconise un dépistage au-delà d’une contamination des sols de 70 mg d’arsenic/kg de terre sèche (et à partir de 25 mg d’arsenic bioaccessible/kg de terre sèche selon la Haute Autorité de Santé - HAS).

Ce dépistage repose sur le dosage urinaire (arsenicurie) de la somme arsenic inorganique, acide monométhylarsonique (MMA) et acide diméthylarsinique (DMA) après éviction des produits de la mer pendant 3 jours.

Il est pris en charge par l’ARS pour les enfants de moins de 18 ans et les femmes enceintes du territoire concerné.

Les études environnementales menées préalablement aux campagnes de dépistage des surexpositions aux métaux permettent de caractériser la pollution et d’identifier le territoire concerné par des teneurs anormales.

Sur ce territoire, les personnes les plus sensibles aux effets potentiels sur la santé de cette pollution sont alors identifiées. Pour le plomb et l’arsenic, il s’agit :

  • des femmes enceintes qui y habitent ou qui fréquentent ces communes régulièrement,
  • des enfants qui y habitent, qui y sont scolarisés ou qui fréquentent ces communes régulièrement.

Un résultat égal ou au-dessus de la valeur biologique de référence montre une imprégnation trop élevée. L’ARS prend alors contact avec la famille pour identifier les sources d’exposition et formuler des recommandations adaptées pour limiter l’exposition. Le médecin traitant est également contacté pour surveiller l'évolution de l'état de santé de l'enfant ou de la femme enceinte.

Plomb

Arsenic

La principale valeur biologique de référence pour les enfants et les femmes enceintes est de 50 µg/L dans le sang.

La principale valeur biologique de référence pour les enfants et les femmes enceintes est de 10 µg/g de créatinine dans les urines.

L’application des mesures hygiéno-diététiques citées dans le courrier de la caisse d’assurance maladie permet d’éviter une intoxication aux métaux contenus dans les sols. 

Une fois ces mesures appliquées, l’exposition aux métaux dans les sols est diminuée progressivement. 

Une analyse de contrôle, tous les 1 à 3 mois pour l’arsenic ou tous les 3 à 6 mois pour le plomb, permet de vérifier l’arrêt de l’exposition.

Dans le cadre de la prise en charge des personnes surexposées et de l’enquête réalisée par l’ARS, des analyses de sol, d’eau et d’autoproduction pourront être réalisées ; elles seront financées par l’ARS.

L’exposition répétée à de faibles doses de métaux peut être à l’origine d’effets sur la santé dont les premiers symptômes ne sont pas toujours spécifiques.

Plomb

Arsenic

L’exposition répétée à de faibles doses de plomb peut être à l’origine de problèmes neurologiques, et cardiovasculaires, entre autres.

Les premiers symptômes ne sont pas spécifiques : il peut s’agir par exemple de difficulté de concentration.

L’exposition répétée à de faibles doses d’arsenic peut être à l’origine de problèmes cutanés, entre autres.

Les premiers symptômes ne sont pas spécifiques : il peut s’agir par exemple de maux de tête.

C’est pourquoi, la participation au dépistage est importante ainsi que le respect des mesures hygiéno-diététiques citées dans le courrier de la caisse d’assurance maladie.

L’eau distribuée par votre commune est régulièrement surveillée par l’ARS : elle est conforme à la réglementation, notamment pour les métaux.

Pour en savoir plus, consultez notre page Eau du robinet.

Les sources et puits privés qui ne sont pas régulièrement contrôlés peuvent contenir des métaux : il est vivement recommandé de ne pas les utiliser pour l’eau de boisson ou de préparation des aliments (cuisson, lavage des légumes, etc.). Vous pouvez faire réaliser, à vos frais, une analyse d’eau spécifique. De même, l’eau de pluie ne doit être utilisée pour ces usages.

Pour en savoir plus, consultez notre page Utilisation de l'eau non potable à domicile

Le tabagisme, passif ou non, expose à de nombreux polluants dont le plomb et l’arsenic.

Les autres sources sont :

Plomb

Arsenic

  • Les anciennes peintures dans des maisons construites avant 1948.
  • Les activités professionnelles : cristallerie, vitrail, etc.
  • Les loisirs : munitions de tir, pêche, soldats de plomb, etc.
  • Les récipients de cuisine : en étain, poteries artisanales, etc.
  • Les produits cosmétiques : khôl artisanal, etc.

Pour en savoir plus, consultez notre page Plomb et saturnisme.

  • Les activités professionnelles : fabrication de pesticides, fabrication de colorants, métallurgie, tannerie, etc.
  • L’alimentation : consommation de produits de la mer comme les poissons et les crustacés, etc.

Ce n’est pas indispensable car l’application des mesures hygiéno-diététiques citées dans le courrier de la caisse d’assurance maladie suffit pour réduire l’exposition aux métaux contenus dans les sols.

Toutefois, si vous souhaitez connaître l’état de votre sol, vous pouvez faire réaliser à vos frais une analyse de sol.

Les produits commercialisés relèvent de réglementations spécifiques : pour en savoir plus, vous pouvez contacter la DDETSPP de votre département (Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations).

Concernant les productions domestiques, sauf recommandation locale de l’ARS, l’application des mesures hygiéno-diététiques citées dans le courrier de la caisse d’assurance maladie suffisent pour réduire l’exposition aux métaux contenus dans les sols.

Si vous avez un élevage domestique de volailles, veillez à respecter les recommandations suivantes :

  • donner les aliments dans une mangeoire (pas directement sur le sol),
  • choisir un aliment adapté aux besoins des volailles.
  • ne pas répandre de cendres dans le jardin.

Pour en savoir plus, consulter le guide sanitaire de l’autoconsommation édité par le ministère chargé de la santé.

Enfin, en fonction des résultats des études environnementales menées localement et des dépistages, des consignes sanitaires complémentaires pourront être établies ; vous en serez alors informé.

Les plantes n’ont pas toutes la même sensibilité pour une pollution du sol. Plusieurs facteurs rentrent en compte, comme le type de sol ou la nature du polluant. A ce stade des connaissances, il n’est pas évident de donner des recommandations précises concernant le type de légumes à cultiver en fonction du type de pollution présente.

De façon générale, pour les sols pollués par des métaux, la distinction suivante est faite :

  • Les fruits, légumes-fruits et graines sont les cultures les moins sensibles aux polluants.

Exemples : tomates, aubergines, poivrons, gombos (graines des cosses), courges, maîs, concombres, melons, pois et haricots écossés, oignons (bulbes seulement) et les fruitiers tels que les pommiers et les poiriers.

  • Les légumes-racines présentent une capacité intermédiaire à fixer les polluants des sols. Une partie des métaux restera en surface, lavez donc bien les légumes et épluchez les avant de les consommer.

Exemples : carottes, betteraves, pommes de terre et navets.

  • Les légumes feuilles et les herbes aromatiques concentrent généralement le plus les polluants du sol. Cultivez-les en bacs. 

Exemples : poireaux, laitues, épinards, blettes, choux, brocolis, choux fleurs, haricots verts, petits pois non-écossés, thym, etc.

Enfin, pour réduire l’exposition aux métaux contenus dans les sols, veillez à respecter les mesures hygiéno-diététiques citées dans le courrier de la caisse d’assurance maladie.

Les effets sanitaires d’une intoxication dépendent des métaux impliqués. Les effets sanitaires d’une intoxication au plomb (saturnisme) ou à l’arsenic sont présentés dans le tableau ci-dessous. Pour ces 2 métaux, les populations les plus sensibles sont les enfants et les femmes enceintes, car l’enfant qu’elles portent y est très sensible.

En cas de doute ou d’inquiétude, parlez-en à votre médecin ou à un autre professionnel de santé (sage-femme, pédiatre, etc.).

Plomb

Arsenic

Chez le jeune enfant, l’intoxication par le plomb peut perturber le développement du système nerveux et entraîner des retards psychomoteurs.

Les symptômes d’une intoxication au plomb sont très généraux (troubles digestifs, troubles du sommeil, de l’apprentissage, etc.).

L’intoxication chronique à l’arsenic peut provoquer des symptômes très généraux comme des lésions de la peau.

Malheureusement, ces métaux présents naturellement dans les sols restent stables. Ils sont présents pour longtemps. Il n’existe pas de « plantes dépolluantes » qui diminueraient l’arsenic ou le plomb contenu dans le sol.

Les seules méthodes qui peuvent limiter la présence de métaux dans les poussières de sol en surface sont :

  • le décaissement total : solution coûteuse car il faut éliminer correctement les terres,
  • le recouvrement par des terres indemnes de métaux : solution aisément réalisable.

Ces solutions ne sont pas indispensables car le strict respect des mesures hygiéno-diététiques citées dans le courrier de la caisse d’assurance maladie permet de limiter l’exposition au plomb. Cependant, elles peuvent être justifiées dans certains cas (par exemple, potagers pédagogiques ou présence de lieux d’accueil collectif d’enfants sur des terres polluées).

Les techniques de jardinage permettant de limiter l’acidité du sol sont à privilégier. 

Les plantes potagères cultivées en bac avec de la terre saine sont sans risque.