Parcours coordonnés renforcés : les premiers dispositifs en Grand Est

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Les Parcours coordonnés renforcés (PCR) facilitent la prise en charge des situations de santé complexes grâce à une coordination renforcée entre professionnels. En Grand Est, les premiers dispositifs concernent l’obésité complexe chez l’adulte et l’enfance protégée.

Mieux coordonner les prises en charge complexes

Les Parcours coordonnés renforcés, ou PCR, permettent d’organiser une prise en charge collective, coordonnée et adaptée aux besoins de patients dont la situation nécessite l’intervention de plusieurs professionnels.

Ils peuvent mobiliser des acteurs de la ville, de l’hôpital, du secteur médico-social ou social autour d’un même parcours de soins.

Ce nouveau cadre vise à renforcer la coopération entre les professionnels, à fluidifier les parcours et à améliorer la continuité de la prise en charge pour les usagers.

Un cadre issu des expérimentations article 51

Les PCR constituent l’une des voies d’entrée dans le droit commun de certaines expérimentations menées dans le cadre du dispositif article 51 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018.

Ce dispositif permet de tester de nouveaux modes d’organisation et de financement des soins. Lorsqu’une expérimentation reçoit un avis favorable du Conseil stratégique de l’innovation en santé, plusieurs modalités de généralisation peuvent être envisagées :

  • une intégration dans le champ conventionnel, notamment lorsque l’innovation concerne des professions conventionnées avec l’Assurance Maladie ;
  • une intégration dans le champ réglementaire, par exemple pour les établissements de santé ou médico-sociaux ;
  • la création d’un Parcours coordonné renforcé, lorsque la prise en charge repose sur l’intervention coordonnée de plusieurs professionnels.

Le cadre générique des PCR a été créé par l’article 46 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024. Pour chaque parcours, un arrêté national précise les conditions de mise en œuvre, les critères d’éligibilité, le cahier des charges et les structures autorisées à assurer la coordination.

Comprendre le fonctionnement des PCR

Un Parcours coordonné renforcé repose sur une équipe pluriprofessionnelle, une coordination structurée et un financement forfaitaire global attribué à l’équipe de soins.

Ce mode de financement encourage la coopération entre les acteurs, le décloisonnement des secteurs et l’adaptation de la prise en charge aux besoins de chaque patient.

Les PCR peuvent également intégrer certaines prestations aujourd’hui peu ou non prises en charge dans les parcours classiques, comme l’activité physique adaptée, la diététique ou la psychomotricité, lorsque ces interventions sont prévues par le cahier des charges du parcours.

Les premiers PCR en région Grand Est

En Grand Est, les premiers Parcours coordonnés renforcés concernent :

  • le PCR « obésité complexe chez l’adulte » ;
  • le PCR « enfance protégée ».

D’autres parcours pourront être créés dans les prochaines années, à partir d’expérimentations article 51 ayant vocation à être généralisées.

Pour toute question ou demande d’information, vous pouvez contacter l’ARS Grand Est :
ars-grandest-pcr@ars.sante.fr

 

Retrouvez plus de détails et les appels à candidatures sur ces 2 parcours ci-dessous.

Le Parcours coordonné renforcé « enfance protégée » est un dispositif de prise en charge intégré et financé par l’Assurance Maladie.

Il répond aux besoins de santé importants des enfants, adolescents et jeunes majeurs protégés, souvent exposés à des situations de vulnérabilité, de négligence, de violence ou de rupture.

Ces publics peuvent présenter des besoins renforcés en santé physique, psychique et développementale. Le PCR vise à organiser un suivi régulier, coordonné et articulé avec les conseils départementaux.

Les objectifs du parcours

Le PCR « enfance protégée » a pour objectif de structurer le suivi en santé des enfants et adolescents protégés, qu’ils soient placés ou accompagnés en milieu ouvert.

Il permet de mieux repérer les besoins de santé, de programmer les bilans nécessaires, de suivre les préconisations de soins et, si besoin, de mobiliser des soins précoces en santé mentale.

Une prise en charge organisée sur 12 mois

Le parcours est organisé en plusieurs étapes :

  • inclusion de l’enfant dans le parcours ;
  • planification des bilans ;
  • réalisation du bilan initial, puis du renouvellement annuel ;
  • suivi des préconisations et du parcours de soins ;
  • soins précoces en santé mentale, lorsque cette étape est nécessaire ;
  • fin de parcours annuelle ;
  • fin de parcours définitive.

Le PCR est organisé sur une durée de 12 mois. Il peut être renouvelé chaque année pour les enfants, adolescents et jeunes majeurs qui continuent de remplir les critères d’éligibilité.

Les publics éligibles

Sont éligibles au PCR « enfance protégée » :

  • les mineurs pris en charge par le service de l’aide sociale à l’enfance ;
  • les jeunes majeurs de moins de 21 ans pris en charge par l’aide sociale à l’enfance ;
  • les mineurs et jeunes majeurs suivis en milieu ouvert, dans le cadre d’une mesure administrative ou judiciaire ;
  • les mineurs et jeunes majeurs anciennement suivis, jusqu’à un an après la fin de leur prise en charge en protection de l’enfance, s’ils ont été inclus dans le parcours.

Les structures qui peuvent candidater

Conformément au cahier des charges national, peuvent déposer un dossier de candidature :

  • les établissements de santé ;
  • les centres de santé ;
  • les maisons de santé pluriprofessionnelles ;
  • les équipes de soins spécialisées ;
  • les communautés professionnelles territoriales de santé ;
  • les dispositifs d’appui à la coordination ;
  • les services départementaux de protection maternelle et infantile.

En concertation avec le conseil départemental concerné, l’ARS peut également retenir une pouponnière à caractère social comme structure de coordination secondaire, en complément de la structure responsable de la coordination départementale.

Cette possibilité est optionnelle et doit être formalisée par convention. Dans ce cas, les enfants de 0 à 3 ans confiés peuvent bénéficier de leur suivi au sein de la pouponnière. Cette coordination peut être prolongée jusqu’aux 7 ans de l’enfant, sous réserve qu’il bénéficie toujours d’une mesure de protection.

Candidater au PCR enfance protégée

Les structures candidates doivent déposer leur dossier auprès de l’ARS Grand Est via la téléprocédure dédiée à l’appel à candidatures pour le PCR « enfance protégée », sur la plateforme Dématérialisation des démarches sociales. Date limite de candidature : lundi 20 juillet 2026 à 12h.

Le Parcours coordonné renforcé « obésité complexe chez l’adulte » est un dispositif de prise en charge intégré, coordonné et financé par l’Assurance Maladie.

Il s’adresse aux adultes présentant une obésité complexe relevant des niveaux 2 et 3 de sévérité, selon les référentiels de la Haute Autorité de Santé.

Ce parcours associe plusieurs dimensions de la prise en charge : médicale, nutritionnelle, psychologique et activité physique adaptée. Il s’inscrit dans la stratégie nationale de santé et dans la structuration régionale des filières obésité.

Les objectifs du parcours

Le PCR « obésité complexe chez l’adulte » vise à améliorer l’évolution de l’obésité et de ses complications, à réduire les comorbidités associées et à favoriser le maintien ou le retour du patient dans son milieu de vie.

Il permet de proposer une prise en charge globale, personnalisée et coordonnée, adaptée à la situation clinique de chaque patient.

Une prise en charge en plusieurs étapes

Le parcours comprend :

  • une évaluation multidimensionnelle initiale ;
  • l’élaboration d’un programme personnalisé de soins et d’éducation thérapeutique du patient ;
  • un suivi coordonné renforcé ;
  • des réévaluations régulières, notamment à 6, 12 et 24 mois.

Les interventions sont assurées par une équipe pluriprofessionnelle, sous la coordination d’un médecin spécialiste de l’obésité.

Les profils de prise en charge

Quatre profils cliniques sont définis :

  • profil A : obésité complexe ;
  • profil B : obésité complexe avec limitations à la pratique autonome de l’activité physique adaptée ;
  • profil C : obésité complexe avec troubles du comportement alimentaire ;
  • profil D : obésité complexe avec troubles du comportement alimentaire et limitations à l’activité physique adaptée.

Chaque profil détermine l’intensité du suivi et le forfait associé.

Candidater au PCR obésité complexe

Les structures candidates devront déposer leur dossier auprès de l’ARS Grand Est via une téléprocédure dédiée.

Appel à candidatures à venir prochainement