En bref
Pendant une canicule, l’ARS analyse en continu la situation sanitaire, croise les indicateurs disponibles avec les remontées des acteurs de terrain et prend les décisions opérationnelles adaptées. Elle anticipe les tensions, coordonne les acteurs de santé et médico-sociaux, appuie les établissements en tension, facilite les parcours de soins, peut mobiliser des renforts lorsque la situation le nécessite et assure une information régulière des partenaires locaux.
Parce que la situation sanitaire reste contrastée selon les territoires, la réponse doit être adaptée au plus près des réalités locales : activité des urgences, capacités d’hospitalisation, situation des EHPAD et des établissements médico-sociaux, besoins des professionnels de ville.
Dans les 10 départements du Grand Est, l’ARS articule ainsi un pilotage régional avec une coordination de proximité, grâce à ses délégations départementales, afin d’apporter des réponses adaptées, en fonction des tensions observées localement.
Consultez les chiffres sur l’évolution de la situation sanitaire dans le Grand Est et les mesures prises par l'ARS
Une veille sanitaire au plus près du terrain
Pendant les fortes chaleurs, l’ARS Grand Est analyse quotidiennement l’évolution de la situation sanitaire dans les 10 départements de la région. Ce suivi porte notamment sur l’activité des services d’urgence, les tensions hospitalières, les capacités d’hospitalisation, la situation dans les établissements médico-sociaux et les remontées des professionnels de terrain.
Ces informations permettent d’objectiver les tensions, d’identifier les territoires les plus exposés et d’adapter les mesures au bon niveau : établissement, bassin de vie, département ou région.
Des réponses adaptées département par département
Dès le début de l’épisode caniculaire, l’ARS Grand Est a activé ses cellules de crise dans les 10 départements. Ces cellules permettent un lien direct avec les hôpitaux, les cliniques, les EHPAD, les établissements médico-sociaux, les professionnels de ville, les centres 15, les services d’hospitalisation à domicile, les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les collectivités et l'ensemble des partenaires locaux et les élus des territoires.
Cette organisation territoriale est essentielle : elle permet de recueillir les besoins du terrain, de repérer rapidement les tensions et de prendre des décisions adaptées à chaque département. Ainsi, face aux tensions observées dans plusieurs territoires, un plan de mobilisation territoriale a été activé en Moselle (57) le 27 juin 2026. Le 28 juin, l’ARS a annoncé le déclenchement de deux nouveaux plans de mobilisation territoriale dans la Marne (51) et le Bas-Rhin (67). Ces décisions sont prises à partir des indicateurs sanitaires, mais aussi des remontées directes des établissements, des professionnels de ville, du médico-social et des partenaires locaux.
Un appui concret aux établissements et aux professionnels
L’ARS ne se substitue pas aux acteurs de terrain : elle les appuie, les relie et facilite la mobilisation des moyens nécessaires. En lien avec les établissements de santé publics et privés, elle peut accompagner l’activation de plans blancs, la réorganisation des services, la mobilisation de renforts ou la déprogrammation ciblée d’activités non urgentes, lorsque cela est nécessaire et sans perte de chance pour les patients.
Le plan blanc permet à un établissement de santé d’adapter rapidement son organisation en situation exceptionnelle : réorganisation des services, mobilisation de renforts, adaptation des activités. Le plan bleu poursuit le même objectif dans les établissements médico-sociaux, notamment les EHPAD, afin de protéger les résidents et d’assurer la continuité de leur accompagnement.
Dans les établissements médico-sociaux, l’ARS suit l’activation des plans bleus, les besoins d’appui et les mesures de protection des résidents. Elle porte une attention particulière aux tensions en ressources humaines, aux lits et places disponibles, à l’activité des urgences pour les personnes de plus de 75 ans, aux difficultés éventuelles des services d’aide à domicile et aux capacités d’accueil temporaire. Ces informations, croisées avec les remontées des acteurs de terrain, permettent d’anticiper les tensions et d’adapter les réponses au niveau départemental.
En EHPAD notamment, l’activation des plans bleus permet d’organiser la continuité d’activité en situation de tension : adaptation des organisations, rappel de personnels si nécessaire, protocoles renforcés d’hydratation et de rafraîchissement, circuits d’alerte avec le SAMU, le service d’accès aux soins et les professionnels de ville. Au 28 juin, la vigilance restait renforcée dans les établissements médico-sociaux, dont près d’un tiers avaient déclenché leur plan bleu.
Fluidifier les parcours de soins
L’un des enjeux majeurs en période de canicule est de préserver les capacités hospitalières pour les patients qui en ont le plus besoin, tout en sécurisant les prises en charge des personnes âgées et fragiles. Pour cela, l’ARS mobilise plusieurs leviers de proximité : hospitalisation à domicile lorsque celle-ci constitue une alternative sécurisée à l’hospitalisation conventionnelle, hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation en EHPAD, mobilisation d’infirmiers libéraux pour des visites à domicile à la demande des centres 15, renforcement de la régulation libérale, appui des CPTS, mobilisation d’étudiants en santé ou recours possible à la réserve sanitaire.
Dans le secteur du grand âge, l’hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation permet d’accueillir, dans un cadre sécurisé et pour une durée limitée, des personnes âgées qui ne relèvent plus d’une hospitalisation mais ne peuvent pas encore rentrer à domicile. Ce dispositif contribue à faciliter les sorties d’hospitalisation, à soutenir les aidants en cas de rupture temporaire et à préserver les capacités hospitalières.
Ces solutions permettent de mieux articuler l’hôpital, la ville, le domicile et le médico-social. Elles contribuent à éviter les ruptures de parcours, à faciliter les sorties d’hospitalisation lorsque l’état de santé du patient le permet et à soutenir les services d’urgence dans les territoires les plus en tension.
Informer et coordonner les partenaires locaux
La gestion sanitaire d’une canicule repose aussi sur une information régulière et partagée. L’ARS Grand Est assure cette coordination avec les établissements, les professionnels de santé, les élus, les collectivités, les instances de démocratie en santé et les représentants des usagers.
Cette information permet de partager les éléments de situation, les mesures mises en œuvre et les recommandations sanitaires, mais aussi de recueillir les préoccupations et les remontées du terrain. Elle contribue à adapter la réponse sanitaire aux réalités des territoires et à garantir une information cohérente auprès des acteurs locaux comme de la population.






