Retour sur la journée « Pour notre inclusion dans la e-santé »

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Organisée le 24 juin 2022 à Villers-lès-Nancy, la journée régionale « Pour notre inclusion dans la e-santé : fracture numérique, illectronisme et éthique » a réuni près de 110 participants, en ligne et en présentiel. Parmi eux : des représentants d’usagers, des professionnels de santé et des représentants de la Délégation ministérielle au Numérique en Santé (DNS).

Portée conjointement par l’Agence Régionale de Santé Grand Est, France Assos Santé Grand Est, l’Assurance Maladie et l’Espace de Réflexion Éthique Grand Est (EREGE) avec l’appui de la Délégation du numérique en santé (DNS), elle fait suite à la journée régionale de l'éthique du numérique en santé organisée en 2020 à Nancy.

Un enjeu majeur de la feuille de route du numérique en santé.

En ouverture de la journée, Frédéric Remay, Directeur Général Adjoint de l’ARS Grand Est, a rappelé la pertinence des orientations portée par la feuille de route du numérique en santé. La crise sanitaire traversée au cours des deux dernières années souligne le fait que les actions menées dans le champ de la e-santé doivent être poursuivies.

C’est d’ailleurs tout l’enjeu du Ségur du numérique en santé : avec un investissement historique de 2 milliards d’euros, son objectif est d’accélérer le développement de la e-santé et le déploiement de services socles tels que le dossier médical partagé (DMP), la messagerie sécurisée de santé (MSSanté) ou encore l’identité nationale de santé (INS). Tout ceci au profit de l’amélioration continue des prises en charge et d’une meilleure coordination des parcours de soins.

Pour la population, ces transformations du système se traduisent par l’arrivée d’un nouveau service national : « Mon Espace Santé ». Ce carnet de santé numérique permet à chaque Français le partage de ses données de santé et l’échange de messages avec ses professionnels de santé de façon fiable et sécurisée.

Comment veiller à l’inclusion de tous ?

Pour autant, si la e-santé apporte de nombreux bénéfices à l’usager et au professionnel de santé, comment veiller à ce que l’éloignement ou l’exclusion du numérique d’une partie de la population n’entraine pas une diminution des chances ou des retards dans la prise en charge ? Aujourd’hui en France, 17% de la population serait en situation d’illectronisme (soit environ 12 millions de personnes) selon le Pr Gérard Audibert, Directeur de l’EREGE.

Du dispositif des maisons France Services déployé dans toutes les régions, à la stratégie d’inclusion au numérique du département de l’Aube en passant par les actions de médiation au numérique portées par l’association Familles Rurales, les retours d’expériences ont mis en lumière les initiatives déployées localement pour lutter contre la fracture du numérique, l’illettrisme et l’illectronisme en Grand Est

L’atelier participatif organisé l’après-midi a, quant à lui, permis de donner la parole aux participants. En ligne ou en présentiel, tous ont pu formuler et imaginer des propositions pour répondre aux enjeux de l’illectronisme dans la e-santé qui touche les usagers et les professionnels de santé. Retrouver la synthèse en cliquant ici.


Les leçons de la crise

La table ronde de la journée a été consacrée aux leçons à tirer de la crise sanitaire en matière d’appropriation du numérique par les usagers comme les professionnels en situation exceptionnelle. La période pandémique a accéléré le développement d’outils et le recours à la e-santé, levant ainsi certains freins à son utilisation. Cette phase d’accélération ne fait que confirmer l’importance de s’inquiéter des personnes encore exclues afin de ne pas créer un risque supplémentaire de rupture dans les parcours de soins des personnes victimes d'illectronisme.


Un focus sur "Mon Espace Santé"

Autre temps fort de la journée : la plénière de l’après-midi consacrée à « Mon Espace Santé ». Après une présentation du service, de ces enjeux et de ces fonctionnalités assurées par Claire Abalain, Directrice de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Moselle, Marianne Billard de la Délégation ministérielle au Numérique en Santé est revenue sur l’appropriation de cet outil par les citoyens et sur les dispositifs d’accompagnement qui sont développés (ambassadeurs Mon Espace Santé, médiateurs numérique, …).

Brigitte Seroussi, Responsable de la cellule éthique du numérique en santé à la DNS et Margaux Brasset, Juriste chez Pulsy, ont quant à elles abordé les questions de protections des données et des conditions de recueillement du consentement des patients et notamment ceux éloignés du numérique.

La journée s’est conclue par la présentation d’une fresque graphique, construite au fil des échanges tout au long de la journée.


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