Prévention du suicide : le Grand Est se mobilise

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Santé mentale adolescente

Les dernières données de Santé Publique France montrent que la fréquence des passages aux urgences pour idées suicidaires est en augmentation. Consultez les dispositifs et les actions engagées en Grand Est pour venir en appui aux personnes en souffrance.

Quel est le contexte en Grand Est ?

En Grand Est, on décompte 1 personne décédée par suicide toutes les 12 heures et un passage aux urgences et une hospitalisation complète toutes les 80 minutes (source : Santé publique France).

Les dernières données de décembre 2021 montrent que la fréquence des passages aux urgences pour gestes suicidaires et idées suicidaires est en augmentation avec un impact important chez les personnes jeunes, notamment chez les 11-17 ans, où cette fréquence est à son plus haut niveau depuis les 4 dernières années.

En 2017, Santé Publique France dénombrait, que :

  • 1 personne habitante du Grand Est sur 20 (4,9%) déclarait avoir eu des pensées suicidaires au cours de l’année
  • 1 personne habitante du Grand Est sur 12 (8,1%) déclarait avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de la vie

En France métropolitaine, le taux de suicide fait partie des plus élevés d’Europe avec environ 9 200 personnes décédées par suicide par an en 2017, soit près d’un décès toutes les heures. Les tentatives de suicides sonten lien avec 200 000 passages aux urgences par an, soit 24 décès par jour, et 75% des récidives ont lieu dans les 6 mois suivant une première tentative. Pour chaque personne décédée par suicide, on estime que  7 personnes seront affectées et 26 personnes endeuillées.

Il s'agit donc d'un problème majeur de santé publique pour lequel des actions de prévention sont menées.

Les actions menées pour la prévention du suicide

Comme préconisé dans la feuille de route " Santé mentale et psychiatrie 2018 ", le Grand Est contribue au déploiement de la stratégie de prévention du suicide à travers plusieurs axes complémentaires (Parcours" Santé mentale") qui reposent notamment sur les professionnels de terrain. 

  • Un numéro unique de prévention du suicide : le 3114 
  • VigilanS, un dispositif de veille et recontact des personnes ayant fait une tentative de suicide
  • Des formations à la prévention du suicide
  • La prévention de la contagion suicidaire dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les lieux publics ou les institutionshttps://papageno-suicide.com

Des dispositifs spécifiques viennent compléter cette "Stratégie Nationale de Prévention du suicide" (février 2022)

Ce numéro est gratuit, confidentiel et accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, depuis tout le territoire national.

3114 Numéro national prévention du suicide Bannière web 1

Le site du numéro national de prévention du suicide - 3114

Il permet de répondre aux besoins immédiats des personnes en recherche d’aide : écoute, évaluation, intervention, urgence, orientation ou accompagnement.

Ce service est proposé pour tous : les personnes en souffrance, l’entourage inquiet pour un proche, les personnes endeuillées par suicide.

Il s’adresse également aux professionnels en quête d’information sur ce sujet.

Ce service est assuré par des répondants professionnels, supervisés par un médecin spécialiste, formés à la prise en charge de la souffrance psychique et à la prévention du suicide et capables :

  • d’évaluer le niveau de souffrance, d’écouter, sans jugement et avec bienveillance,
  • de soutenir et aider à résoudre la crise de façon adéquate,
  • d’orienter vers les acteurs du territoire pour une prise en charge adaptée aux situations,
  • de s’assurer que la personne n’est pas en situation de danger et, si tel est le cas, de mettre en place les mesures pour la protéger,
  • d’informer.

Des numéros d’écoute complémentaires et coordonnés 

En complémentarité, il existe d’autres numéros d’écoute pour les personnes en mal-être, non spécifiques à la thématique du suicide. Ces numéros peuvent s’adresser des publics spécifiques ou à tout à chacun :

L'organisation en région Grand Est

Porté nationalement par le CHRU de Lille, ce dispositif s’appuie sur des centres régionaux. Pour le Grand Est, c’est le Centre Psychothérapique de Nancy (CPN) qui est le centre répondant. Les Dr PICHENE et LIGIER du CPN de Nancy ont œuvré pour constituer et former une équipe de professionnels, qui est opérationnelle depuis le 1er octobre.

Le centre répondant du Grand Est est un « centre de jour » : il reçoit donc les appels de 9 h à 21 h tous les jours. La nuit (de 21h à 9 h le lendemain), une bascule des appels se fait automatiquement sur l’un des 3 centres « de nuit » répertoriés en France (pour le Grand Est, il s’agit du CRHU de Lille).

Cette coordination est en cours, et se poursuivra sur les prochains mois, au fur et à mesure de la montée en charge de ce dispositif.

Webinaire 13 janvier 2022 Prévention du suicide 3114

Un webinaire de présentation du dispositif au niveau régional a eu lieu en janvier 2022 : vous pouvez accéder au replay sur la chaine YouTube de l'ARS Grand Est

Soirée Webinaire : Présentation du dispositif "3114, Numéro National de Prévention du Suicide (2NPS)" | Agence régionale de santé Grand Est (sante.fr)

 

    Avoir déjà fait une tentative de suicide est l’un des facteurs qui pourraient accroître le risque de suicide d’une personne.

    C’est pourquoi VigilanS est un dispositif de veille et recontact pour ces personnes. Après leur prise en charge (aux urgences ou en hospitalisation ou en soins de ville), Vigilans assure un recontact régulier des personnes parallèlement à leur prise en charge par les acteurs du soin.

    VigilanS Grand Est (Logo)

    Créé en 2015, ce sont près de 1300 personnes qui y ont recours en 2020. Dès 2015, le Centre Psychothérapeutique de Nancy (CPN) a initié la mise en œuvre de ce dispositif en Lorraine.

    En 2018, une extension sur le territoire lorrain avait été envisagée en partenariat avec l’ARS.

    En 2020, le dispositif s’étend à la région Grand Est avec l’implantation de deux nouveaux centres VigilanS, à Strasbourg et Reims.

    3 formations en prévention du suicide sont disponibles en Grand Est.

    Elles s’adaptent à chacun, selon ses compétences et son parcours :

    • Niveau 1 - Sentinelle : destinée aux citoyens ou professionnels volontaires pour repérer la souffrance psychologique et la problématique suicidaire au sein de leur environnement
    • Niveau 2 - Évaluation et orientation : destinée aux professionnels de santé et psychologues cliniciens de premier recours afin qu’ils soient en mesure d’évaluer le risque suicidaire des personnes, et de les orienter dans le système de soins.
    • Niveau 3 - Gestion de crises : destinée aux professionnels de la santé mentale prenant en charge les personnes en situation de crise suicidaire

    Ces trois rôles et trois fonctions permettront la création d’un réseau de repérage, d’évaluation et d’intervention.

    Pour toute information pour trouver une formation : Accueil | GEPS Formation (geps-formation.com)

    En région Grand Est, 2 formateurs nationaux ont été formés par le GEPS :

    • Mme le Dr Pichene – Psychiatre au CPN
    • Mme le Dr Ligier – Pédopsychiatre au CPN

    Ces formateurs nationaux ont à leur tour formé des formateurs régionaux en Grand Est qui assurent les formations pour les personnes intéressées.

    Des formations aux premiers secours en santé mentale pour les étudiants de l'Université de Lorraine

    Cette expérimentation déployée au sein de l’Université de Lorraine depuis 2019 permet aux étudiants formés d’intervenir facilement et de façon proactive, devant toute situation nécessitant des secours en santé mentale.

    Ce dispositif s’adresse aux étudiants dans une logique d’aide par les pairs.

    La formation aux premiers secours en santé mentale vise à repérer les troubles psychiques ou les signes précurseurs de crise afin d’intervenir précocement, sur le modèle des « gestes qui sauvent ».

    Enseigner aux étudiants des notions de santé mentale favorisera donc le recours précoce aux soins et contribuera à la déstigmatisation des troubles mentaux chez les étudiants et dans la population générale.

    En Grand est, le dispositif expérimental Ecout'émoi concernait les Ardennes, la Meuse, les Vosges, et le territoire de Mulhouse. La Meurthe et Moselle et la Moselle ont rejoint l’expérimentation dans sa phase finale en 2021.

    Dispositif EcoutEmoi (Logo)

    Ce dispositif Ecout'émoi visait à mieux repérer les jeunes de 11 à 21 ans présentant des signes de souffrance psychique pour leur proposer une prise en charge adaptée et facilitée. La cible a pu être étendue aux 6 - 11 ans pour les 2 derniers territoires (54/57) inclus dans cette expérimentation.

    Il prévoyait une consultation médicale d’évaluation et la prescription d’un forfait de prise en charge auprès d’un psychologue libéral (sur la base d’un forfait de 12 séances pour le jeune et/ou les titulaires de l’autorité parentale).

    L'expérimentation prévoyait une inclusion du public jusqu'à fin 2021 avec un maintien durant l’année 2022 des suivis psychologiques débutés avant cette date.

    Le renforcement de la formation en santé mentale, pour les professionnels, et l’inclusion dans un parcours de soins, pour les jeunes, étaient coordonnés par les Maisons des Adolescents (MDA)

    Une évaluation finale de l’expérimentation est prévue durant le premier semestre 2022.

    Cette expérimentation va maintenant laisser la place à une dynamique nationale avec la mise en place de la mesure 18 des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie « Prise en charge par l’Assurance maladie d’une prestation d’accompagnement psychologique réalisée par un psychologue en ville ».

    A partir du printemps 2022, le dispositif national "MonPsy" sera opérationnel sur l’ensemble du territoire français. Il s’adressera à toute la population dès l’âge de 3 ans, présentant des troubles psychiques d’intensité légère à modérée.

    Sur adressage d’un médecin, ces patients pourront bénéficier d’un maximum de 8 séances d’accompagnement psychologique (1 bilan (40€) et 7 séances (30€) au maximum) prises en charge par l’Assurance Maladie avec la participation des organismes complémentaires.

    Dès la promulgation des textes officiels, les psychologues volontaires pourront candidater pour participer au nouveau dispositif national à l’issue d’un nouveau conventionnement.

    Site internet MonPsy En parler, c’est déjà se soigner : https://monpsy.sante.gouv.fr/

    Santé mentale des enfants et adolescents : un suivi renforcé et une prévention sur-mesure (Actualité Santé Publique France /17 Janvier 2022) : https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2022/sante-mentale-de… 

    Vous êtes concernés par la prévention du suicide ? Où vous adresser ?

    • Vous êtes un professionnel ?

    Dans le cadre de la prévention des conduites suicidaires, l’ARS Grand Est a confié à l’Observatoire Régional de la Santé (ORS) Grand Est la réalisation d'un annuaire des professionnels et des associations ressources dans les départements du Grand Est (Ardennes, Aube, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Vosges).

    Annuaire des structures travaillant dans le champs du suicide en Grand Est

     

    • Vous êtes un particulier ?

    Si vous, ou l'un de vos proches, vous sentez concernés par le suicide, ou si vous éprouvez un mal être psychique, avec des idées suicidaires ou non, nous vous recommandons de prendre contact avec :

    1. Le 3114, qui vous orientera
    2. Votre médecin traitant, le Centre Médico Psychologique (CMP) de votre secteur, l’hôpital psychiatrique le plus proche ou encore un cabinet de psychiatre ou de psychologue libéral.
    3. Si la situation vous parait urgente, vous pouvez appeler les urgences (le 15) ou vous rendre au service des urgences de votre hôpital de proximité.
    4. Vous trouverez des informations générales sur le thème du suicide sur le site du PSYCOM, un organisme public d'information et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale.