Tous ensemble pour votre santé

Lutte contre les violences faites aux femmes : une convention de partenariat signée avec la DRDFE

Actualité
Date de publication
Visuel
3919 - Réagir peut tout changer
Chaque année, environ 219 000 femmes sont victimes en France de violences physiques ou sexuelles de leur conjoint. Les conséquences en termes de morbidité sont particulièrement lourdes (traumatismes aigus et immédiats, impact sur la santé psychique, développement de comportements à risque, conséquences sur la santé sexuelle, maladies chroniques dont le risque peut être augmenté par les violences).
Corps de texte

La journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre 2018 est l’occasion pour l’ensemble des acteurs et actrices de réaffirmer l’importance d’une mobilisation collective contre les violences faites aux femmes.

Les conséquences des violences sur la santé des femmes qui en sont victimes sont majeures et diverses : traumatologie, affections et troubles gynécologiques et obstétricaux, risques accrus d’accouchement prématuré et de fausse couche, troubles psychiques, conduites addictives, risques plus élevés de suicide ou encore décès prématurés. En effet, en Grand Est, en 2016, on a déploré 19 victimes tuées par leur actuel ou ancien partenaire, ce qui place notre région en tête devant l'Auvergne Rhône Alpes (17), la Nouvelle Aquitaine et l'Occitanie (16) et Ile de France (15). En 2017, 130 femmes ont été tuées en France par leur conjoint, ex-conjoint, petit ami, amant ou relation épisodique

Une plateforme de signalement en ligne des violences sexistes et sexuelles est lancée mardi 27 novembre et sera "opérationnelle 24H/24 via le site service-public.fr". Elle permettra aux victimes ou aux témoins d'échanger avec un policier ou un gendarme spécialement formé pour les aider dans leurs démarches. 

En Grand-Est, une convention de partenariat signée en novembre entre l'ARS et DRDFE

Face à ce constat, et dans le cadre de la Stratégie Nationale de Santé et de la feuille de route nationale et quinquennale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, l’ARS et la direction régionale aux droits des femmes et à l'égalité (DRDFE) Grand-Est ont établi une convention de partenariat afin de mettre en œuvre une politique coordonnée et harmonisée sur le territoire régional. 

Cette convention porte sur 4 axes dont le pilotage et la mise en œuvre sont répartis entre  l’ARS et la DRDFE : 

  • Axe 1 :  sensibiliser et/ou former les professionnels de santé, sociaux ou médico-sociaux en formation initiale ou continue (pilotage ARS)
  • Axe 2 : Accompagner les femmes victimes de violence et les enfants co-victimes dans leur parcours en leur proposant un accompagnement psychologique (copilotage ARS-DRDFE)
  • Axe 3 : Constituer et animer des réseaux départementaux (pilotage DRDFE)
  • Axe 4 : Mener des actions de prévention et d’accompagnement vers le soin aux personnes qui se prostituent (pilotage ARS)

La durée de la convention, qui vient d'être signée ce mois de novembre, s’étend sur la période 2018-2022.

Focus sur les actions menées en Grand Est

Les professionnels de santé sont souvent les premiers interlocuteurs des victimes : 24 % des femmes victimes vivant avec l’auteur des faits ont été vues par un médecin à la suite des violences, 19 % ont consulté un psychiatre ou un psychologue, 18 % se sont rendues dans un commissariat de police.

En Grand Est,  le recensement du temps de formation consacré à la thématique « Lutte contre les violences sexistes et sexuelles" a fait part d’une grande disparité dans les écoles paramédicales du Grand Est (de 0 à 10h).

L’ARS et la DRDFE ont donc décidé d’agir en créant un groupe de travail incluant les 3 Groupements de Coopération Sanitaire (GCS) des Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) de la région Grand Est qui regroupent l’ensemble des écoles de formation paramédicale. Ce groupe de travail a permis la réalisation d’un cahier des charges pour la formation initiale et continue des professionnels de santé, qui va être déployé en 2019, et la sensibilisation des professionnels sociaux.

Une fiche réflexe d’aide et d’orientation dans la prise en charge des violences conjugales à destination des professionnels de santé est en cours de réalisation et sera développée début 2019 pour les 10 départements du Grand Est sur la base d'un support d'information réalisé pour le département de la Meuse .

L’ARS est également un partenaire financier pour de nombreuses actions menées par des associations (34 en 2018). Les principaux partenaires sont les Centres d'information sur les droits des femmes et des familles « CIDFF » qui animent,  notamment, des groupes de paroles d’écoute et de soutien psychologique.

En 2019, l’ARS souhaite également développer des actions auprès des auteurs de violence afin de prévenir les récidives et amener les auteurs à sortir du cycle de la violence.