L’extension de l’obligation vaccinale pour les 0-2 ans : un réel enjeu de santé publique

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Depuis le 1er janvier 2018, la loi rend obligatoires pour les enfants de moins de 2 ans, 8 vaccins en plus des 3 qui l’étaient déjà. Ces 8 vaccins ne sont pas nouveaux puisque ils étaient déjà recommandés pour tous les enfants.

C’est un objectif de santé publique, égalitaire, donnant à ces enfants la chance d’être protégés de certaines maladies infectieuses potentiellement graves.
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Un constat : une couverture vaccinale déjà très large… mais insuffisante !

Pour une protection collective optimale vis-à-vis de ces 11 maladies, il nous faut atteindre 95% de couverture vaccinale pour éviter des maladies graves. En France, nous avons cette couverture pour 3 d'entre elles contre lesquelles la vaccination était déjà obligatoire (diphtérie, tétanos et poliomyélite). En revanche pour les 8 autres (coqueluche, virus de l’hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C et virus de la rougeole, des oreillons et de la rubéole), les couvertures vaccinales sont insuffisantes et à l’origine d’épidémies et/ou de décès/handicap évitables.

Concrètement, dans le cas du vaccin contre le méningocoque C, dont la couverture est la plus faible, il nous faut passer de 70 % à 95%. Pour d’autres vaccins comme celui contre l’hépatite B, la couverture doit passer de 88 % à 95%.

Pour y parvenir, dans un contexte où les recommandations n’ont pas suffi, la seule solution est de rendre obligatoires les 8 vaccins jusqu’alors recommandés.

Qui est concerné par cette nouvelle mesure ?

Ce sont les enfants nés à compter du 1er janvier 2018. La vaccination contre ces 11 maladies conditionnera l’entrée et le maintien en collectivité (crèches, écoles, centres de loisirs, …) de ces enfants. Seul un motif médical peut justifier de ne pas être vacciné, et donc seule une contre-indication médicale peut permettre d’entrer en crèche ou à l’école sans être vacciné.

À noter que ce passage à 11 vaccins obligatoires n’augmente pas le nombre d’injections pour les enfants, ni le nombre de consultations médicales nécessaire à leur réalisation. L’extension à 11 vaccins obligatoires représente 10 injections pour les enfants, étalées sur 2 ans. Au moins 70 % des enfants connaissent déjà ces 10 injections sur 2 ans et 80 % plus de 8 injections.

Quelle est la situation en Grand Est ?

Dans notre région, les données de couverture vaccinale sont variables selon les vaccins. Ainsi, les données disponibles montrent que le taux de couverture vaccinale à 24 mois pour les 3 vaccins obligatoires est au-dessus de l’objectif de 95% dans les 10 départements de la région.

En revanche, pour les 8 autres vaccins, cet objectif n’est pas atteint. Ainsi :

  • Pour la rougeole, qui conduit à des cas graves chez le tout petit, la région a des taux inférieurs à 85%, avec 4 départements qui sont sous la moyenne nationale déjà basse de 78.8% (Vosges, Moselle, Haute Marne et Aube). Ce défaut de couverture vaccinale est à mettre en lien avec les épidémies de rougeole auxquelles nous avons dû faire face en 2015 en Alsace (avec plus de 230 cas) ou récemment en Moselle avec plus de 40 cas et 2 hospitalisations. Tant que la couverture n’atteindra pas le niveau de 95 %, le risque de vagues épidémiques périodiques persistera.

  • Pour le pneumocoque, responsable de méningites chez le tout petit, seul le département des Ardennes avec 95.9% d’enfants vaccinés, dépasse l’objectif de couverture vaccinale de 95%, alors que pour les autres départements, la couverture varie de 89.9% à 92.5%.

  • Enfin, concernant la vaccination contre le méningocoque C, lui aussi responsable de méningites et d’infections très graves, le taux de couverture des nourrissons reste insuffisant en Grand Est (71.5%) comme en France.

Les obligations vaccinales n’ont pas vocation à être permanentes. Elles pourront être levées dès lors que les couvertures vaccinales optimales seront atteintes et que la levée de l’obligation ne risquera pas d’entraîner une baisse des vaccinations avec pour conséquence la résurgence de pathologies sévères.

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