Les dispositifs pour une école plus inclusive au bénéfice des enfants en situation de handicap

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Les dispositifs visant à rendre l’école inclusive entremêlent étroitement les professionnels de l’éducation et ceux de la santé. Découvrez trois exemples de dispositifs en place en Grand Est visant à assurer une scolarisation de qualité pour les élèves en situation de handicap.

Qu’est-ce que l’école inclusive ?

L'École inclusive vise à assurer une scolarisation de qualité pour tous les élèves de la maternelle au lycée par la prise en compte de leurs singularités et de leurs besoins éducatifs particuliers. L’accès à l’école ordinaire permet non seulement l’accès aux apprentissages, mais aussi la socialisation et l’inclusion dans la société, pour le présent et le futur. L’ambition est de prioriser l’accès des enfants en situation de handicap à l’école, de personnaliser leurs parcours et d’en garantir la continuité jusqu’à l’insertion sociale et professionnelle.

Cette ambition est portée par le Ministère de l’Education Nationale et le Secrétariat d’Etat en charge des personnes handicapées. Dans les territoires, le partenariat entre l’Education Nationale et l’Agence Régionale de Santé contribue à sa mise en œuvre.


L’exemple des UEMA et des UEEA : des actions éducatives spécialisées pour élèves autistes

Visite UEMA novembre 2021
Jean-Marc Huart, recteur (académie Metz-Nancy) et Virginie Cayré, directrice générale (ARS) en visite à l’unité d’enseignement en maternelle autisme (UEMA) de Sarreguemines le 15 novembre 2021. Ouverte depuis septembre 2021, l'UEMA est installée au sein de l’Ecole des Faïenceries. Elle accueille 7 enfants de 3 à 6 ans présentant des troubles du spectre de l’autisme sévères et n’ayant pas développé de communication verbale.

Les Unités d’enseignement maternelle autisme (UEMA) et les unités d’enseignement élémentaire autisme (UEEA) constituent une modalité de scolarisation pour des élèves d’âge de l’école maternelle (3-6 ans) ou de l’école élémentaire (7 à 10 ans) avec troubles du spectre de l’autisme (TSA). L’unité est implantée en milieu scolaire ordinaire. La classe est animée par une équipe spécialement formée à l’autisme et aux bonnes pratiques professionnelles : un enseignant spécialisé, des éducateurs, des psychologues, des psychomotriciens et des orthophonistes. Les enfants bénéficient donc de l’environnement éducatif ordinaire d’une école, et d’actions éducatives et rééducatives spécialisées. Des temps d’inclusion en classe ordinaire leur sont également proposés.

Les chiffres en Grand Est (au 23/11/2021) :

  • 20 UEMA accueillent 140 élèves (cf cartographie ci-dessous ). L’ouverture de 5 UEMA supplémentaires est prévue en septembre 2022.
  • 5 UEEA accueillent 50 élèves (cf cartographie). S’y ajoutent 6 Dispositifs d’Auto-Régulation (DAR), proposant une scolarisation en classe ordinaire appuyée au quotidien par des intervenants médico-sociaux, et permettant aux élèves qui le nécessitent d’accéder au cours de la journée, en fonction de leurs besoins, à des temps d’autorégulation de leurs pensées, émotions ou comportements. L’ouverture de 2 UEEA ou DAR supplémentaires est prévue en septembre 2022.
  • Chaque année, l'ARS finance à hauteur de :
    • 5,6 millions d'€ l'ensemble des UEMA
    • 1,54 million d'€ l'ensemble des UEEA  et des DAR

Le rôle de l'ARS

En étroite collaboration avec l’Education Nationale, l’ARS planifie les implantations d’unités et mobilise les moyens médico-sociaux nécessaires à leur mise en place, en réponse aux besoins constatés, dans un objectif de maillage territorial.

 


L’exemple de Rev’tascol : l’apport du numérique pour mieux répondre aux besoins spécifique des élèves

Illustration Revtascol 57
Elève d'une classe élémentaire ULIS de l’école Bellevue de Forbach qui a déployé l’outil Rev’tascol - Novembre 2021

Depuis le début 2021, un partenariat entre l’Académie de Nancy-Metz, l’Agence Régionale de Santé Grand Est et l’éditeur de ressources pédagogiques LearnEnjoy a été mis en place dans le but de faciliter la scolarisation en milieu ordinaire de 150 élèves d’écoles primaires présentant des troubles du spectre de l’autisme. En dotant ces élèves d’une tablette numérique contenant des applications adaptées, ces derniers accèdent plus aisément aux programmes, en complément des apprentissages proposés par l’enseignant. Ce dispositif nommé REV’TASCOL (Ressouces pour ElèVes, Trouble de l’Autisme et SCOLarité) est déployé dans les départements 54, 55, 57 et 88.

REV’TASCOL s’intègre au projet scolaire individualisé mené en lien avec le professeur ressources autisme (aménagement des apprentissages, du rythme et des espaces, etc.). Les applications proposées décomposent et adaptent les programmes scolaires et fournissent une évaluation bienveillante des progrès.

Rôle de l’ARS

Financement pour 3 ans du dispositif pour la fourniture d’un iPad par élève inscrit dans le projet, l’abonnement au matériel pédagogique adapté pour les 150 élèves de l’académie, la formation des équipes de l’Education Nationale et des familles, ainsi que le suivi du projet.

 


L’exemple des EMAS : un appui aux professionnels de l’éducation

Le dispositif d’équipe mobile d’appui médico-social à la scolarisation (EMAS) s’adresse aux établissements scolaires et de la communauté éducative, en s’appuyant sur les expertises et les ressources existantes dans les établissements et services médico-sociaux, mises à disposition de l’école. La finalité est d’apporter des réponses et un appui concret afin de prévenir des ruptures de parcours d’élèves en situation de handicap de tous profils. Ces équipes mobiles interviennent à titre subsidiaire. Elles ne se substituent pas aux ressources existantes. Les équipes sont composées de professionnels expérimentés des services médico-sociaux. Les analyses de situations sont réalisées en équipe pluridisciplinaire avec une participation active de l’enseignant pour permettre l’appropriation et la généralisation des réponses apportées.

A titre d’exemple, sur la période septembre 2020/ Septembre 2021, l’EMAS de Moselle est intervenue sur 51 situations pour un total de 212 interventions pour la quasi-totalité en maternelle et élémentaire. Les situations traitées concernent majoritairement des difficultés de comportement et des Troubles du Spectre Autistique.

En chiffres

  • La région Grand Est compte 10 EMAS (un EMAS par département).
  • Chaque année, l’ARS finance à hauteur de 1 500 000 € l’ensemble des EMAS du Grand Est.

 


En savoir plus sur les troubles du spectre de l’autisme au sein des troubles du neuro-développement (TND)

Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) résultent d’anomalies du neurodéveloppement. Ils apparaissent précocement au cours de la petite enfance et persistent à l’âge adulte. Ils se manifestent par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des anomalies comportementales, en particulier une réticence au changement et une tendance à la répétition de comportements ou de discours. Il est l’un des troubles neurodéveloppementaux (source : Inserm).

Les troubles neurodéveloppementaux (TND) débutent durant la période du développement et regroupent :

  • le trouble du spectre de l’autisme ;
  • les handicaps intellectuels (trouble du développement intellectuel) ;
  • les troubles de la communication ;
  • le trouble spécifique des apprentissages (lecture, expression écrite et déficit du calcul) ; les troubles moteurs (trouble développemental de la coordination, mouvements stéréotypés, tics) ;
  • le déficit de l’attention/hyperactivité ;