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L’accompagnement du handicap pour tous : un dispositif innovant et expérimental à la Maison centrale d’Ensisheim

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Travail handicap
Le 10 mai, l’Association pour adultes et jeunes handicapés (APAJH), l’administration pénitentiaire et l’ARS se sont engagées dans la réalisation d’un projet expérimental innovant visant à permettre l’accompagnement par le travail de personnes détenues en situation de handicap. Une démarche partenariale qui s’inscrit dans la priorité d’accompagnement du handicap pour tous en région Grand Est.
Corps de texte

La Convention signée le 10 mai entre l’Association pour adultes et jeunes handicapés (APAJH), l’Administration pénitentiaire et l’Agence régionale de santé,  prévoit la mise en œuvre du Projet « Atelier de l’Ill », projet innovant et expérimental consistant en la mise en place d’un atelier dédié aux personnes en situation de handicap au sein de la Maison centrale d’Ensisheim.

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L’enjeu est de permettre aux détenus de cet établissement pénitentiaire, situé dans le Haut-Rhin et accueillant des personnes dont les peines sont de longue durée, de développer une activité professionnelle destinée à favoriser un « mieux-être » au cours de leur détention, et de les préparer  soit à l’insertion professionnelle en milieu ordinaire, soit à l’insertion professionnelle en milieu protégé à leur sortie de l’établissement pénitentiaire.

Ils pourront ainsi exercer une activité professionnelle dans un lieu spécifiquement aménagé au sein des ateliers de production de la maison d’arrêt, tout en bénéficiant d’un accompagnement éducatif financé par l’ARS à hauteur de 300 000 € sur une période de trois ans.

Ce projet concrétise le partenariat entre les différents acteurs impliqués – associatifs et institutionnels – dans la construction d’un parcours de prise en charge adapté aux besoins des personnes en situation de handicap.

Signature convention Ensisheim 2

La convention a été signée le 10 mai en présence de Jean-Louis Garcia, Président de la Fédération nationale APAJH, Michel Ritzenhaler, Président de l’APAJH du Haut-Rhin, Guillaume Goujot,  Directeur de la Maison centrale d’Ensisheim,  Jean-Michel Camu, Directeur adjoint de la Direction interrégionale des services pénitentiaires, Daniel Vonthron, Directeur du Service pénitentiaire d’insertion et de probation du Haut-Rhin et de Pierre Lespinasse, Délégué territorial du Haut-Rhin de l’ARS.

 

Interview de Guillaume Goujot, Directeur de la Maison centrale d’Ensisheim

GG

Pourquoi mettre en place L’Atelier de l’Ill au sein de la Maison centrale d’Ensisheim ?

La Maison Centrale d’Ensisheim accueille environ 190 personnes détenues condamnées à une longue peine. 88 % d’entre-elles exécutent une peine d’au moins 15 années de réclusion criminelle. Parmi elles, nombreuses sont celles qui présentent un handicap psychique ou parfois physique. Ces personnes sont très difficilement employables sur des postes de travail qui ne sont pas adaptés. Lorsqu’elles peuvent être affectées sur un emploi, elles n’ont pas la productivité suffisante pour qu’on puisse les maintenir sur ces emplois. Or, à mon sens le travail est le premier facteur de réinsertion et d’autonomisation d’une personne. Au vu de la longueur des peines nous avons le temps de mettre en place une prise en charge mais nous n’en avons pas les moyens à ce jour pour ce type de profils. Je considère donc que notre mission de prévention de la récidive nous commande de mettre en place l’accompagnement dont ont besoin ces personnes.

En quoi ce dispositif est-il particulièrement innovant ?

L’innovation porte, tout d’abord, sur le très large partenariat mis en place entre la fédération APAJH, l’APAJH 68, l’ARS et la DT ARS 68, la direction interrégionale des services pénitentiaires de Strasbourg, le service pénitentiaire d’insertion et de probation du Haut-Rhin, l’ESAT de Froncles, les médecins des hôpitaux locaux exerçant au service médical de l’établissement et la maison centrale. On peut regretter qu’à ce jour le Conseil départemental ne soit pas encore partie prenante, mais les contacts sont établis. Nul partenariat identique n’existe actuellement dans l’administration pénitentiaire. Ensuite, l’innovation concerne la mise en place d’un projet de cette nature et de cette ampleur, au sein d’une détention, pour un public très ciblé. Il s’agit donc d’une expérimentation qui aurait sûrement vocation à se développer si nous réussissons à relever le défi.

Quel est le calendrier de déploiement du projet ?

En premier lieu, il reste à réaliser les travaux d’aménagement de l’atelier de l’Ill au sein de la zone de production de l’établissement. Nous avons déjà réalisé les études sur l’infrastructure afin de vérifier la faisabilité des aménagements nécessaires. Par ailleurs, la direction interrégionale des services pénitentiaires a publié le marché de travaux qui devrait être attribué prochainement. Nous programmons le début des travaux pendant cet été.

En second lieu, nous travaillons à recueillir des fonds sous forme de dons en lien avec le CCAH pour participer au financement de ce projet et notamment aux travaux envisagés. Cette étape est bien avancée et nous allons préparer une convention entre l’administration pénitentiaire, l’APAJH et la DDFIP 54 qui déterminera le circuit financier à suivre pour le recueil de ces dons.

En troisième lieu, nous devons poursuivre notre travail avec la MDPH dans le but d’obtenir l’orientation ESAT pour les personnes détenues qui pourraient être intégrées dans ce projet. Nous avons 5 personnes détenues actuellement déjà titulaires de cette orientation et plusieurs dossiers en cours de traitement.

En quatrième lieu, il convient de former les deux agents qui viennent d’être recrutés pour encadrer cet atelier, à savoir une éducatrice et une encadrant technique.

En dernier lieu, il faudra rédiger le cadre de fonctionnement de cet atelier, les contrats d’engagement des personnes détenues et les fiches de poste des personnels.

Nous sommes déjà allés très vite depuis le lancement de cette idée et nous voulons continuer sur ce rythme quitte à lancer le projet en mode dégradé en septembre prochain. C’est-à-dire que nous débuterons dans des locaux qui ne seront pas définitifs et avec seulement 3 ou 4 personnes détenues sachant que l’effectif cible est de 10 personnes détenues.