Journée mondiale sans tabac 2020 : le point en Grand Est

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OMS - Vignette Journée mondiale contre  le tabac 2020
La Journée mondiale sans tabac est l'occasion pour le ministère de la Santé, en partenariat avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), d'informer et de sensibiliser la population aux effets nocifs et mortels du tabagisme actif et passif. L’édition 2020 s’intéresse plus particulièrement à la protection des jeunes générations « contre les manipulations de l’industrie du tabac. »
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Le tabac tue plus de 7 millions de personnes chaque année, dont près de 900 000 non-fumeurs exposés au tabagisme passif. Chaque année, le 31 mai, l'Organisation Mondiale de la Santé souligne cette journée mondiale sans tabac avec un risque sanitaire associé au tabagisme.

La journée de cette année est ciblée sur la protection des jeunes générations, avec pour thème principal « Protéger les jeunes contre les manipulations de l’industrie et les empêcher de consommer du tabac et de la nicotine ».

L'intérêt accordé par l’industrie du tabac aux jeunes, un marché émergent et vulnérable pour ses produits dépendogènes, constitue un problème urgent et un défi pour les responsables de la lutte antitabac de tous les pays.

Selon les données de 2015, on estime que 17 % des jeunes de 15 à 24 ans fument dans le monde. En Europe, 11,5 % des filles et 13,8 % des garçons âgés de 13 à 15 ans sont des consommateurs de tabac. 

En 2017,selon l’enquête Escapad (OFDT), chez les jeunes de 17 ans, l’usage quotidien du tabac en Grand Est était de 23,5% pour une moyenne nationale située à 25,1%. Ainsi la prévalence de la région est relativement faible mais l’usage intensif du tabac (au moins 10 cigarettes par jour) est supérieur aux autres régions.

Or, plus la consommation est débutée tôt, plus la dépendance est importante et risque de perdurer dans le temps.

La fumée du tabac est la principale cause de cancer pulmonaire mais aussi d’autres cancers ou de pathologies comme l’asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)

Le tabac peut aussi avoir des répercussions sur l’entourage, notamment les plus jeunes, et ce dès la grossesse. Ainsi le tabac est responsable de retard de croissance du fœtus et les jeunes enfants exposés à la fumée des autres risquent une aggravation de l’asthme et des infections des voies respiratoires inférieures.

Enfin, le tabac contribue à la pollution de l’air intérieur et extérieur. La fumée contient plus de 7 000 produits chimiques, dont 69 sont connus pour être cancérogènes. A l’intérieur des habitations, la fumée, invisible, peut demeurer dans l’air jusqu’à cinq heures et entraîner pour ceux qui y sont exposés des risques pour la santé.     

L’arrêt du tabagisme peut réduire le risque de survenue de maladies. Ainsi,10 ans après cet arrêt, le risque concernant le cancer du poumon diminue environ de moitié par rapport à un fumeur.

En 2017, la région Grand est compte 1.2 millions de fumeurs quotidiens âgés de 18 à 75 ans. Il s’agit du 4ème rang des régions de France où le tabagisme était le plus fréquent.

De plus, près de 3/4 des fumeurs du Grand Est fument de façon intensive (plus de 10 cigarettes par jour) ce qui est supérieur à la moyenne nationale (66.8%).

Presque 1/4 des fumeurs en Grand Est (23,1%) présentent une forte dépendance au tabac alors que la moyenne nationale est de moins de 20% (18, 4%).

Globalement les résultats en Grand Est chez les plus jeunes sont en demi-teinte : ainsi, concernant le tabagisme quotidien à 17 ans la prévalence de la région est relativement faible mais l’usage intensif du tabac (au moins 10 cigarettes par jour) est supérieur aux autres régions.

Chez les adultes, nous ne sommes plus la région la plus fumeuse de France métropolitaine, mais nous restons parmi les régions où la prévalence est la plus haute et reste supérieure à 30%.

Enfin, chez les femmes enceintes, un tiers fumaient avant la grossesse mais presque la moitié avait pu arrêter de fumer avant le 3ème trimestre de grossesse. Chez les 18.6% de femmes qui continuaient à fumer près de 8 sur 10 avaient réussi à réduire leur consommation.

Ces résultats montrent que les politiques engagées et affichées ont un impact pour l’accompagnement des fumeurs vers l’arrêt. Cependant, des efforts sont encore à fournir afin de toucher un maximum de fumeurs et les aider. N’oublions pas que plus de la moitié des fumeurs quotidiens déclarent avoir envie d’arrêter de fumer ! 

Tabagisme en Grand Est - chiffre clés
• 1,2 millions de fumeurs quotidiens soit 30,1 % des 18-75 ans
• 74,7 % de fumeurs intensifs (> 10 cigarettes/jour) contre 66,8 % en France métrop.
• 23,1 % de fumeurs fortement dépendants contre 18,4 % en France métrop.
• En Grand Est comme ailleurs, des hommes plus fréquemment fumeurs quotidiens (32,9 %) que les femmes (27,5 %)
Tabac et inégalités sociales dans le Grand Est - chiffres clés
• 35,2 % de fumeurs quotidiens parmi les moins diplômés (inférieur au Bac) contre 21,8 % parmi les plus diplômés (supérieur au Bac)
• 38,6 % de fumeurs quotidiens parmi les plus faibles revenus (1er tercile) contre 21,7 % parmi les plus forts revenus (3ème tercile)
Taux de mortalité liée au tabac (méthode classique) Grand Est - chiffres clés parmi les 35 ans et plus 
• Près de 7 150 décès annuels par cancer du poumon, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou cardiopathie ischémique
• Soit 211 décès pour 100 000 habitants de 35 ans ou plus dans la région avec des taux variant :
  - par département, de 196 pour 100 000 (Marne) à 238 pour 100 000 (Ardennes)
  -  par EPCI (communautés de communes ou d’agglomération), de 153 à 300 pour 100 000
  - par sexe : femmes 119 pour 100 000  / hommes 343 pour 100 000
A l’échelle des départements de la région, trois sont en surmortalité significative par rapport au Grand Est : la Meuse, la Moselle et les Ardennes tandis que trois autres sont en sous mortalité significative : le Bas-Rhin, l’Aube et la Marne.

 

Le tabagisme est connu pour être un facteur de risque de nombreuses infections respiratoire et pour les aggraver. Dans le cadre de l’épidémie liée au Coronavirus, les travaux de recherche existants semblent indiquer que le risque de maladie grave et de décès est plus élevé chez les fumeurs :

  • la COVID-19 est une maladie infectieuse qui touche principalement les poumons. Le fait de fumer affaiblit donc la fonction pulmonaire, rendant l’organisme moins résistant aux coronavirus et à d’autres agents pathogènes.
  • le tabagisme est aussi un important facteur de risque de maladies non transmissibles comme les maladies cardiovasculaires, le cancer, les affections respiratoires et le diabète, et les personnes souffrant de ces pathologies risquent davantage de développer une maladie grave si elles sont infectées par le virus de la COVID-19.

Point positif cependant : selon les premiers résultats publiés, le tabagisme aurait nettement diminué pendant la période récente de confinement.  

Consulter l'avis du Haut Conseil de la Santé Publique 
relatif au lien entre le tabagisme et la COVID-19

Si vous avez arrêté de fumer, ne relâchez pas vos efforts ! Professionnels de santé et services spécialisés sont toujours mobilisés à vos côtés.

Des ressources existent pour accompagner votre démarche d’arrêt du tabac :

L’arrêt du tabac est bénéfique quel que soit son âge :

  • dans les 20 minutes qui suivent l’arrêt du tabac, la fréquence cardiaque et la pression sanguine retombent ;
  • après 12h, le taux sanguin de monoxyde de carbone redevient normal ;
  • dès 2 à 12 semaines d’arrêt, la circulation sanguine s’améliore et la fonction pulmonaire augmente ;
  • après 1 à 9 mois, la toux et l’essoufflement diminuent ;
  • après 1 an d'arrêt, la respiration est redevenue normale et le risque d'infarctus du myocarde est réduit de moitié ;
  • après 10 ans d'arrêt, le risque de mourir d'un cancer du poumon est réduit de moitié par rapport à celui d'un fumeur ;
  • après 20 ans, le risque est redevenu celui d'un non-fumeur.

Accompagner les fumeurs dans l’arrêt du tabac est un engagement fort de l’ARS Grand Est depuis plusieurs années. S’appuyant sur des actions de prévention et de soutien emblématiques telles que l’opération « Mois sans Tabac », mais aussi sur des actions innovantes dans le cadre des Fonds Tabac et Addictions, l’ARS Grand Est se mobilise aux côtés de tous les acteurs à l’occasion de cette journée.

Le Plan Régional de Lutte contre le Tabac (PRLT) 2018-2022.définit les grandes orientations de la région en matière de lutte contre le tabac et l’ARS Grand Est a fait de cette lutte une priorité régionale. A travers ce PRLT, c’est  l’ensemble des professionnels de santé et l’ARS Grand Est qui se mobilisent.

Ce programme, concerté avec les acteurs de la région, décline plusieurs priorités, comme par exemple la lutte contre le tabagisme passif concernant les enfants dès le plus jeune âge de la vie, avec un déploiement d’actions en direction des femmes enceintes et des futurs parents.

La dénormalisation et la création d’un environnement plus sain est également un des axes retenu. Il se décline à travers  l’instauration d’espaces sans tabac dans nos villes, via des  actions intégrées dans les contrats locaux de santé et via une promotion active du dispositif « Lieu de santé sans tabac (LSST) déjà actif dans plusieurs établissements de santé de la région.

Au niveau de la prise en charge et de l'accompagnement des patients atteints de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’ARS Grand Est soutient 11 programmes d’éducation thérapeutique du patient (ETP BPCO) pour les rendre acteurs de leur prise en charge. 

Dans le cadre du « Fonds Addictions», l’ARS Grand Est relayera prochainement un appel à projet avec des fonds dédiés pour la mise en œuvre de projets régionaux en lien, entre autres, avec les axes du programme régional de lutte contre le tabac (PRLT), à savoir : éviter l’entrée des jeunes dans le tabac, aider les fumeurs à arrêter de fumer et créer des environnements favorables pour le Grand Est.

En 2020, notre agence s’est engagée dans une dynamique ARS sans tabac. L’objectif final de cette démarche progressive est l’élaboration d’une charte régionale « Administration/entreprise sans tabac » et la promotion ce label auprès d’autres institutions, organismes, entreprises du Grand Est.

La dynamique "ARS sans tabac" a été lancée par l'ARS Grand Est dans le cadre du Programme régional de lutte contre le tabac (PRLT) afin de valoriser l’ARS comme un acteur impliqué de santé publique sur la question du tabac.

Afin d’accompagner le déploiement de la démarche, des agents se sont portés volontaires pour être des « ambassadeurs » d'une ARS sans tabac. Leur principale mission consiste à expliquer et promouvoir cette démarche de façon positive en toutes occasions, avec leurs collègues et même avec leurs partenaires. 

Des conférences sont proposées aux agent tout au long de l’année 2020 avec l'objectif d'aborder la thématique du tabac sous différents angles, par exemple : "adolescence et tabac", "tabac ou alimentation" ou encore "l’industrie du tabac".

L’accompagnement du fumeur désireux d’arrêter de fumer double les chances de réussite à un an. Mais il n’est pas toujours facile de savoir à qui s’adresser ou d’intégrer ces rendez-vous dans son planning. Pour faciliter cette démarche, l’ARS Grand Est a mis en place des partenariats pour offrir aux agents la possibilité de rencontrer des tabacologues.

Ainsi, selon le site de travail, chacun peut bénéficier de conseils et de consultations directement sur son lieu de travail ou dans des structures proches de son lieu de travail avec des créneaux dédiés. Ces temps sont ouverts à tous, et peuvent également être l’occasion de poser des questions concernant les proches.

Une des craintes exprimée est la prise de poids consécutive à l’arrêt du tabac. Dans le cadre de cette démarche, l’ARS Grand Est a mis en place des partenariats pour offrir la possibilité de rencontrer des diététiciens directement sur le lieu de travail.

Durant la crise sanitaire, des consultations à distance ont été proposées aux agents avec les diététiciens et tabacologues. Les conférences seront à nouveau programmées à partir d’octobre et les modalités d’organisation seront mises en place en fonction des mesures sanitaires.