Changement climatique et eau potable : quels impacts en Grand Est ?

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Vignette Changement climatique & Eau potable

La fréquence et l’intensité des événements climatiques extrêmes s’accentuent chaque année et sont les conséquences visibles du changement climatique. Parmi ces aléas, la sécheresse a été particulièrement importante dans notre région ces dernières années. Si les conditions de température et de pluviométrie se maintiennent, l’année 2022 devrait ne pas faire exception.

Le manque d’eau peut avoir des conséquences tant sur la quantité que sur la qualité de l’eau du robinet.

Si les problèmes quantitatifs sont souvent les plus critiques, notamment vis-à-vis des risques de retours d’eau, la baisse du niveau des nappes dans certaines configurations hydrogéologiques favorise parfois la hausse des concentrations de composés présents dans l’eau comme les nitrates, le fluor, l’arsenic, les sulfates, etc.

Quels impacts en cas de sécheresse pour les collectivités du Grand Est ?

Face à ces difficultés quantitatives ou qualitatives liées à la sécheresse, certaines collectivités sont amenées à mettre en œuvre, en urgence, des dispositifs palliatifs temporaires d’achat d’eau (interconnexion des réseaux), de recours à des sources et forages de secours, voire de réapprovisionnement par camion-citerne par exemple. En effet, les collectivités touchées sont souvent rurales et leurs réseaux d’eau potable ne sont donc pas toujours interconnectés avec des réseaux voisins, trop éloignés.

Par ailleurs, les fluctuations importantes de la qualité de l’eau liées, entre autres, aux baisses des débits des ressources, à la hausse des températures dans les réseaux ou à des approvisionnements en urgence peuvent entraîner la nécessité d’informer les abonnés du réseau que l’eau ne présente plus de garantie de qualité suffisante et ne peut plus être consommée pour la boisson et la préparation des aliments jusqu’au retour à une situation conforme.

Si les coupures d'eau sont parfois nécessaires, elles ne sont à utiliser qu'en dernier recours et avec la plus grande prudence. En effet, de fortes variations de pression et de débit dans les conduites peuvent entraîner une dégradation de la qualité de l'eau et générer alors des risques sanitaires importants pour les consommateurs, notamment vis-à-vis des retours d’eau, ou siphonages, liés à des connexions inappropriées de ressources ou citernes privées.

Les collectivités impactées sont nombreuses dans notre région mais elles sont généralement de petite taille, d’où des populations impactées faibles à l’échelle de la région.

En 2018, plus d’une centaine de communes du Grand Est avaient été identifiées à risque imminent de pénurie et une trentaine d’entre elles avait dû recourir à des ravitaillements par camion-citerne.

Une solution : adapter sa consommation d’eau...

Sans attendre la pénurie effective d’eau, il est important que chaque usager fasse preuve de sobriété vis-à-vis de sa consommation d’eau tout au long de l’année.

En période de crise, les contraintes peuvent devenir réglementaires. Les maires et les préfets peuvent imposer des mesures d’économie d’eau à la population générale, aux activités de loisirs, agricoles ou industrielles.

Pour connaître les mesures en vigueur dans votre commune ou votre département, consultez votre mairie ou votre préfecture.

Sécheresse : Les bons réflexes pour économiser l'eau

...et mieux gérer les ressources

Disposer d'une ressource en quantité et qualité suffisante est un véritable enjeu pour toute collectivité en charge de la production et de la distribution d’eau destinée à la consommation humaine.

Le Code de la santé publique prévoit des mesures spécifiques afin de disposer d’une ressource en eau de qualité satisfaisante et sécurisée comme l’instauration de périmètres de protection pour tous les captages d’eau, la conformité aux limites de traitabilité pour les eaux brutes prélevées et la définition de filières de traitement adaptée à la qualité des eaux brutes prélevées.

Depuis 2019, l’ARS Grand Est, en collaboration avec HYDREOS et le soutien de nombreux partenaires, encourage la mise en œuvre de Plans de Gestion de la Sécurité Sanitaire des Eaux (PGSSE). Durant 3 ans, un accompagnement sur mesure a été proposé aux collectivités pour se lancer dans l’élaboration d’un PGSSE.

Un PGSSE est une démarche d’amélioration continue basée sur l’analyse des dangers et l’évaluation des risques depuis l’environnement du captage d’eau, jusqu’au robinet du consommateur. Les aléas climatiques font partie intégrante des risques à prendre en compte.

Les avantages d’un PGSSE sont multiples : développement de la capacité d’anticipation et, à défaut, de gestion de toutes les situations, priorisation des actions et des investissements, renforcement de l’implication de tous les agents du service qui retrouvent un objectif commun, amélioration de la confiance des abonnés dans la qualité de l’eau du robinet et du service.

Au travers de toutes les actions menées depuis 2019 (formations, webinaires, kit PGSSE, etc.), c’est plus d’une centaine de collectivités du Grand Est qui s’intéressent de près à cette démarche.

Aujourd’hui, les premiers PGSSE en Grand Est sont mis en oeuvre ou sont en cours de finalisation.

L’échéance réglementaire pour disposer d’un PGSSE a été fixée par la directive européenne sur l’eau du 16 décembre 2020. Les gestionnaires de réseaux d’eau potable disposeront de 4,5 à 6 ans, selon les cas, après la transposition en droit français, pour disposer d’un PGSSE, ce qui porte cette échéance à l’horizon 2027-2029.