Covid-19 : prévention et maîtrise du risque infectieux en EHPAD

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Face à l’émergence de nombreux clusters liés au SARS CoV2, l’ARS et le Centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPias) du Grand Est ont engagé, dès l’été 2020, des actions destinées à identifier les points critiques et apporter un appui opérationnel aux EHPAD du Grand Est. Entretien avec le Dr Loïc Simon, Responsable du CPias Grand Est.
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La région Grand Est compte plus de 600 EHPAD. Comment l’ARS et le CPias ont-il procédé pour identifier les EHPAD potentiellement confrontés à des risques infectieux importants ?

Dr Loïc Simon – Nous avons réalisé, en septembre 2020, une enquête en ligne auprès de l’ensemble des établissements de la région Grand Est constituant le 1er niveau d’un Plan d’Action Opérationnel (PAO) à 3 étages. L’enjeu était de colliger rapidement les points critiques concernant les mesures essentielles d’hygiène pour la prévention du risque infectieux.

Cette enquête nous a permis d’identifier 56 EHPAD potentiellement en difficulté - moins de 75 % de bonnes réponses attendues – pour lesquels nous avons organisé, dès octobre-novembre, un entretien téléphonique approfondi constituant le 2étage du PAO. Parmi les points abordés avec les professionnels de ces établissements : la configuration des locaux, les résidents, les ressources humaines et personnels, la gestion des entrées/sorties/mouvements, les équipements de protection individuelle, etc.

Le 3ème étage du PAO a consisté à une visite sur site par les équipes d’hygiène du CPias dans les EHPAD concernés par un cluster grave et non maîtrisé
de Covid-19.

Quant aux 228 EHPAD dont le nombre de bonnes réponses attendues s’élevaient entre 75 % à 90 %, nous leur avons proposé de participer à l’un des 6 webinaires organisés en novembre-décembre, destinés à  favoriser le partage des bonnes pratiques. Nous avons proposé 3 webinaires supplémentaires en janvier.

 

Quels ont été vos principaux constats ?

Dr Loïc Simon - Lors de la première vague Covid-19, au cours de laquelle 60 % des EHPAD ont eu des patients touchés par l’épidémie, ce sont surtout des carences en équipements de protection individuelle et des tensions en ressources humaines (personnels médicaux et paramédicaux) qui ont été relevés. Au cours de la 2ème vague, les difficultés ont concerné essentiellement les ressources humaines, le management ainsi que la prise en charge des sujets fragiles à haut risque.

 

Quelle appréciation portez-vous, à ce jour, sur cette démarche animée par le CPias ?

Dr Loïc Simon – Soutenus par l’ARS, nous avons dû adapter nos actions à une vague épidémique d’une violence inouïe,  sur un territoire particulièrement vaste et comportant un nombre élevé d’établissements, qui plus est dans un contexte de forte pression médiatique. C’était un véritable défi. Les entretiens menés par les équipes du CPias avec les structures ont été riches d’enseignements. Nous avons pu mettre en place un accompagnement gradué des établissements, en privilégiant un format pédagogique autour des bonnes pratiques, selon des modalités adaptées aux contraintes des professionnels. Les actions se poursuivent dans un contexte où la situation épidémique exige une vigilance particulière dans la prise en charge des personnes âgées.