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Amélioration de la couverture vaccinale : une expérimentation de rattrapage vaccinal en milieu scolaire dans les Vosges

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Vaccination adolescent jeune
Une expérimentation de promotion de la vaccination en milieu scolaire a été menée depuis deux années scolaires dans les établissements vosgiens concernant près de 1000 élèves. Plus de la moitié des enfants vus n’étaient pas à jour de leurs vaccinations.
Au total, en deux ans, 255 enfants ont été vaccinés et sont désormais protégés, par exemple, de la méningite à méningocoque C.
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Une expérimentation pour vérifier le statut vaccinal

Une expérimentation de promotion de la vaccination en milieu scolaire a été menée depuis deux années scolaires dans les établissements vosgiens concernant près de 1000 élèves de la circonscription de Bruyères, dans le cadre d’un partenariat entre l’Education Nationale, l’Agence Régionale de Santé Grand Est et l’UC-Centre de Médecine Préventive.

Cette expérimentation a été initiée du fait de l’observation d’un taux de vaccination légèrement plus faible chez les jeunes Vosgiens par rapport à celui des autres départements de la région, alors que l’amélioration de la couverture vaccinale des enfants constitue une priorité de santé publique régionale et nationale. Elle s’appuyait sur une expérience menée avec succès, depuis plusieurs années, dans la Meuse, département confronté aux mêmes enjeux de vaccination.

Le programme a consisté à proposer, en accord avec les parents, une vérification du statut vaccinal des enfants et une information sur les vaccinations à faire, eu égard aux recommandations. Les parents pouvaient alors décider de se rendre chez leur médecin traitant ou de bénéficier, pour leur enfant, d’une vaccination au sein de l’établissement scolaire.

Les actions mises en oeuvre

Une convention de partenariat a été signée entre l’Education Nationale, l’Agence Régionale de Santé et l’UC-Centre de Médecine Préventive. Il s'agissait d’étudier la faisabilité de transférer l'action menée dans les Vosges et d’évaluer son utilité en fonction des besoins recensés sur un territoire pré-défini.

Le public concerné était celui des élèves scolarisés en classes de  CE1, de cinquième et de seconde.

Le projet prévoyait de rattraper les  vaccins non à jour chez les élèves : Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche (DTPC), Rougeole, Oreillons, Rubéole (ROR), Méningite contre le méningocoque C, et enfin Hépatite B et Papillomavirus humain, en cas de schéma vaccinal incomplet pour ces deux vaccins.

Ces vaccinations nécessitant plusieurs injections à un certain intervalle, une vaccination complète hépatite B ni HPV n’était pas possible. Dans ce cas, les élèves étaient alors renvoyés vers leur médecin traitant.

Cette action s’inscrivait en complémentarité de celle menée par les médecins libéraux. Ainsi, le centre de vaccination n’avait pas la volonté de se substituer au médecin traitant de l’enfant, qui reste le pivot de la prise en charge de la santé des enfants. L’action visait ce public un an après l’âge habituel du rappel et tout au long de cette démarche, ce qui permettait aux parents de solliciter leur médecin traitant.

Quels résultats ?

En deux années d’expérimentation, près de 1000 carnets de vaccination ont été vus (464 en 1ère année, 515 en 2ème année) soit 86 % des enfants ciblés.

Plus de la moitié des enfants n’étaient pas à jour de leurs vaccinations :

  • En 2016-2017, 54.7% des enfants dont le carnet a été vu n’étaient pas à jour.
  • En 2017-2018, cette proportion atteint près de deux tiers (63%).

Cette information, parfois méconnue, notamment à l’adolescence où le suivi chez le médecin se fait plus rare, a pu être transmise à la famille.

Environ 1/3 des parents concernés ont opté pour la vaccination en établissement scolaire, montrant bien que si cette option permet de rattraper certaines situations, le médecin généraliste garde son rôle le pivot de la prise en charge.

Ainsi 109 parents (42,9%) des enfants non à jour ont accepté la vaccination la première année et 94 parents (29%) la seconde.

Au final, 189 enfants ont été vaccinés au sein des établissements scolaires sur les deux années.

A ceux-ci s’ajoutent respectivement 34 et 32 enfants qui ont déclaré avoir consulté leur médecin pour mettre à jour leur statut vaccinal.

Au total, en deux ans, 255 enfants ont été vaccinés. Ce sont autant de personnes désormais protégées, par exemple, de la méningite à méningocoque C.

Un questionnaire de satisfaction a été distribué à l’issue de l’action :

  • 86.2% des répondants au sein de l’éducation nationale se sont dits satisfaits,
  • 93.5% des parents répondants se sont dits satisfaits.

Quelles pistes pour la suite?

Cette expérimentation a montré la transférabilité d’une action déjà menée. Qui plus est, les taux de couverture vaccinale montrent que malheureusement une part non négligeable d’enfants n’est pas à jour de leur vaccination.

Ainsi, il semble que cette action, qui vient en complément de celle des médecins généralistes, ait un intérêt.

Aussi sa possible extension à d’autres territoires du Grand Est à la rentrée 2018-2019 va être étudiée, en prenant en compte les enseignements de ces deux années et les remarques des acteurs, comme :

  • le passage au niveau de la 4ème pour les vérifications des vaccinations.
  • l’accentuation de la communication envers les parents ou pour le collège. 

La couverture vaccinale chez les jeunes, un enjeu de santé publique

La vaccination est un moyen de prévention contre certaines maladies infectieuses (tétanos, rougeole, coqueluche, méningite, hépatite B,...). En stimulant le système de défense immunitaire, sans déclencher d’infections, les vaccins permettent d’assurer la protection individuelle et collective des individus contre ces maladies.

Ainsi cette couverture vaccinale est nécessaire pour éviter les épidémies et pour protéger les personnes à risques et les plus fragiles, comme les nourrissons et les personnes immunodéprimées.

Dans le cadre de la politique vaccinale, le ministère de la santé publie chaque année le calendrier des vaccinations en identifiant les vaccins qui sont obligatoires et ceux qui sont recommandés. Pour les enfants, cela commence dès l’âge de deux mois et des rappels doivent être effectués durant l’adolescence et à l’âge adulte.